Wilogo et nous: suite et (presque) fin - la polémique continue

Bientôt trois semaines sans bloguer, et voilà que je reprends la plume pour un billet dans un ton un peu plus sérieux que d'habitude, pour m'exprimer sur un sujet récent qui me tient à cœur, et que je ne peux laisser passer sans en parler, étant donné qu'il concerne ce blog. Quand je dis "je", j'utilise la première personne car c'est moi qui écrit, mais je devrais dire "nous" puisque Marie-Anaïs est aussi concernée par cette histoire.

L'histoire en question, c'est une lettre des avocats de Wilogo nous demandant de censurer un commentaire posté sur notre blog il y'a quelques jours. Comme je ne souhaite pas tomber dans les lamentations stériles mais plutôt aller de l'avant, en essayant d'être pédagogique en reprenant du début ma relation avec Wilogo, ce billet risque d'être énooooorrrmmément long, donc prenez un café (thermos) installez vous bien, et moi de mon coté je vais essayer de faire des sections pour faciliter la lecture. Si vous avez la flemme de tout lire (mais vous avez tort, c'est très intéressant) foncez à la fin

Avertissement préliminaire

Je vais essayer d'être le plus objectif possible dans ce billet, afin qu'on ne me taxe pas de je ne sais quelle manœuvre perfide et que l'on tente encore de faire modifier ou supprimer des éléments de ce blog. Désolé donc si le texte va manquer un peu de cette ironie et de cette exagération qui me donnent envie d'écrire. Pour éviter également le risque de tomber dans la diffamation, ou du moins d'être attaqué pour ça, je vais m'en tenir au fait et essayer de tirer le moins de conclusions possible, je vous laisse seul juge.

Il était une fois...

Pour commencer, il faut que je vous fasse un petit historique de mon passif avec Wilogo, pour remettre les choses en situation et pour que ceux qui n'ont pas tout suivi ne croient pas que j'ai une dent particulière contre cette entreprise, ou que je parle sans connaitre, ou je ne sais quel commentaire que j'ai l'habitude de croiser. pour ceux qui connaissent déjà tout l'historique et qui ne veulent pas tout se retaper, vous pouvez zapper, mais je tiens à vous prévenir que vous rateriez quelques passages inédits :-)

Au départ, il faut savoir que j'étais un des premiers inscrits de Wilogo (il y'a plus d'un an maintenant), à l'époque où la plateforme ne fonctionnait pas du tout comme actuellement. Je suis assez féru de tout ce qui touche au logotype et à l'identité visuelle, et je m'était donc dit qu'une plateforme qui rassemblait des graphistes spécialisés dans cette discipline ne pourrait être que bénéfique pour s'échanger des points de vue et voir des belles choses.

À l'époque, il y'avait plusieurs modérateurs en plus des administrateurs, les logos étaient triés avant d'être proposés au client, puis il fallait leur donner une note sur 10, et le graphiste touchait 179€ (si mes souvenirs sont bons) si son logo était choisi par le client. Je n'ai jamais participé à la création de logo sur cette plateforme, car je trouvait certaines clauses un peu floues et la rémunération carrément abusive, et vous savez à quel point je n'aime pas livrer mon travail si les conditions de cette livraison ne sont pas strictement encadrée. Malgré cette non-participation à la création, l'ambiance était sympathique et je participais activement à la vie du site, en donnant des conseils et en faisant part de mon expérience dans le métier à plusieurs membres de la communauté.

Les premiers désaccords

Comme la plateforme était ouverte à tous, la qualité des logos était assez variable, et il m'arrivait de mal noter certains logos, ou de donner mon opinion de manière peut être un peu sèche sur des logos qui n'en étaient pas, ou des pratiques limites de la part des graphistes, comme par exemple poser un logo sur un fond noir pour qu'il soit plus vendeur, ou le vote non-anonyme pour les logos facilitant le copinage. J'ai alors reçu des messages privée des administrateurs qui me demandaient d'être moins sévère sur les commentaires, et d'arrêter de poster des "romans" explicatifs, car certains membres prenaient mal cette franchise. Ensuite, certains de mes commentaires ont été effacés directement, puis je fus banni de la plateforme, car jugé trop dur et insultant envers le travail des membres. Le client voyant également les commentaires des graphistes, je suppose que les critiques sur un logo n'aidaient pas à la vente. C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à douter du coté "communauté ouverte" de cette plateforme.

Pourtant, mes critiques n'avaient pas été émises dans le vent, car je ne tardait pas à recevoir un e-mail de Arnaud Bailly (alias nenigrous), administrateur de Wilogo, qui avait l'air intéressé par mes opinions. Voilà le mail en question, datant du ++2 décembre 2006: ++

Salut,

Contrairement aux autres qui se sont directement braqués, j'ai toujours trouvé qu'il y avait une part de bon dans ce que tu disais.

En fait je serais intéressé que l'on puisse discuté en direct et non par l'intermédiaire de mail donc je te donne mon msn :****** mon gtalk : ***** mon skype : *****

Voilà si tu es intéressé pour me donner tes conseils en privé et que l'on en discute je suis plus que partant. Par contre cela m'embête que l'on en discute sur le blog ou forum et que ça pourrisse un peu la bonne ambiance qu'i commence à s'installer sur Wilogo. Je pense que tu comprends, l'aspect communautaire est très important pour nous (car pour l'instant l'argent généré par Wilogo sert simplement à promouvoir Wilogo et non à nous payer...)

Merci d'avance.

A bientôt peut-être.

voici ma réponse:

Je viens de t'inviter sur gtalk (*****) mais si tu veux mon avis c'est un peu tard pour discuter après tout ce que j'ai enduré sur wilogo...

puis sa réponse:



Ben aussi le truc c'est que Eddy et greg sot à fond sur leur projet et les remarques que tu faisaient, bien que certaines étant fondés, mettaient une mauvaise ambiance et beaucoup de gens s'en plaignaient. Enfin bon, si tu penses qu'il est trop tard tant pis, sinon je serais content de papoter un peu.

PS : je viens d'accepter ton invitation.

Cet échange de mail est pour moi assez représentatif de la manière de fonctionner de Wilogo: on peut soulever des critiques, mais si possible pas devant la "communauté", ce qui réduit finalement assez la portée de celle-ci. Comme je le disais en début de billet, je ne tirerais aucune conclusion supplémentaire. Je tiens à préciser par ailleurs que j'ai eu de très bon contacts avec Arnaud, que je trouve sympathique au demeurant, et que nous avons discuté de nombreuses fois par téléphone ou par messagerie instantanée.

Des débuts hasardeux, Wilogo V1

Parallèlement, de nombreuses voix commençaient à s'élever contre Wilogo sur les sites et forums professionnels, car outre la concurrence déloyale générée par le fait qu'un seul graphiste était payé alors que plusieurs dizaines travaillaient sur un projet, les versements aux graphistes ne donnaient lieu à aucune cotisations sociales, ni de la part de wilogo, ni de la part du graphiste, ce qui était la porte ouverte à tous les abus pour ce dernier (le travail au black était monnaie courante pour les membres).

Voyant que ça commençait à sentir le roussi, et ne connaissant rien au fonctionnement comptable et au statut social des graphistes, les administrateurs de wilogo ont fait appel à des personnes telles que Goulven ou moi, qui critiquions cet état des choses depuis le début, afin d'avoir des conseils de professionnels sur cette question.

J'ai été beaucoup aidé à mes début dans le graphisme, je trouvais normal de faire un retour d'ascenseur pour aider d'autres personnes, surtout si c'était pour rendre la profession que j'aime plus saine, et par la même occasion aider les graphistes en les empêchent d'être dans l'illégalité ou le flou juridique.

J'estime qu'indépendamment de la plateforme, le graphisme est un métier intéressant, et que je souhaite voir perdurer. C'est dans cette optique que je mets un peu de mon temps à disposition pour expliquer aux plus novices que moi certaines bonnes pratique du métier (via kob-one, ou ce blog) et il me semblait important de ne pas laisser les graphistes dans une situations bancale. C'est pour cela que j'ai naturellement accepté de donner des conseils afin d'améliorer le système, et je pense que Goulven était dans le même état d'esprit à ce moment là.

Nous avons donc beaucoup fait pour Wilogo, notamment pour expliquer le système comptable et de cotisation des graphistes aux administrateurs, ainsi que la manière de faire travailler les gens dans les meilleures conditions possibles. Ça nous a pris pas mal de temps, mais on se disait qu'améliorer cette plateforme serait peut être un pas vers un système plus équitable ou aucun graphiste ne travaillerai pour rien.

À ce moment là, le système était dangereux pour tout le monde, y compris pour les clients, car les cessions de droits n'étaient pas du tout formalisées, ce qui dans les fait faisait que le client payait pour... rien, et se rendait coupable de contrefaçon en reproduisant le logo acheté. À cela venaient s'ajouter d'autres problèmes annexes, comme l'ignorance de techniques inhérentes à la créations de logos, telles que l'utilisation du CMJN par exemple. (c'est même moi qui avait fait le dessin pour expliquer la différence entre RVB et CMJN, et que j'ai autorisé à reproduire sur le site !!)

Voici un court extrait de mon premier contact par messagerie instantanée avec l'équipe de wilogo, après que je leur ait expliqué le fonctionnement général des cotisations MDA et du fait que les graphistes devaient disposer d'un numéro SIRET pour facturer. Avant cette discussion, ces simples démarches leur étaient totalement étrangères. Cette conversation date du 4 décembre 2006:

moi: j'aimerai bien être cité comme ayant aidé sur le forum qd même parceque j'en ai un peu marre de passer pour un connard...
Arnaud: tu le sera si on y arrive ;-)
moi: même si je ne vous demande pas de vous répandre en excuses
Arnaud: moi je demande qu'a satisfaire tout le monde
moi: mouais, je suis sérieux, c'est un peu facile de tout traiter en "off" et de récolter les lauriers en laissant un bouc emissaire
Arnaud: mais c'est pas si facile
moi: vive la communauté "bienheureux les ignorants..."
Arnaud: t'inquietes pas si ca nous aide à résoudre des problèmes, je te ferai un post^^

Une fois de plus, je ne tirerai aucune conclusion. à la suite de cette aide j'ai été réintégré sur la plateforme, et je pouvais aller librement sur le site sans tomber sur la désormais célèbre page netiquette.

Évolution: la V2 résout certains problèmes, et la V3 permet de faire des cessions de droits correctes

Après toutes ces discussions et ces explications, les administrateurs de Wilogo, sous l'impulsion d'Arnaud Bailly, décidèrent de rendre Wilogo "clean" en contractualisant les relations avec les graphistes, en se mettant en contact avec une société de portage, et en réglant quelques problèmes annexes. Tous les problèmes étant loin d'être réglés (notamment ceux de la cession des droits) les administrateurs ont encore écoutés les critiques des graphistes pour faire un système légalement au point, en faisant une troisième version. Je ne vais pas m'étendre sur cette version, je vous renvoie pour cela à mon précédent billet à ce sujet.

Malgré le fait que ce soit les critiques des graphistes qui aient fait évoluer les choses, tout ceux qui avaient aidés aux améliorations mais avaient en parallèle critiqué le système de rémunérations ont été bannis les uns après les autres, moi y compris. Il est intéressant de constater comment les administrateurs de Wilogo font systématiquement appels à des personnes extérieures dès qu'il y'a un problème, pour "améliorer les choses" pour ensuite ne prendre que ce qui les arrange et délaisser ceux qui les ont aidés, du moment où ils montrent un peu de sens critique.

Comme vous pouvez le voir, j'ai un historique de plus d'un an avec Wilogo, et c'est pour ça que ce sujet me tient à cœur: j'ai donné beaucoup de mon temps pour les aider, pour voir que finalement ils n'ont pris que ce qui les intéressait. On peut se demander pourquoi je me suis entêté aussi longtemps (et je ne suis pas le seul: yamo, goulven, thoréa et beaucoup d'autres ont également beaucoup donné pour cette plateforme), et que c'était une perte de temps, mais à chaque fois que je l'ai fait, j'avais en tête d'aider les gens qui pratiquent mon métier, pour ne pas le pourrir complètement, et pour que ceux qui le souhaitent puisse en vivre correctement, sans devoir offrir leur travail.

Les relations avec Wilogo: ça se gâte.

Durant cette quasi année et demi, nous avons eu des hauts et des bas dans nos échanges avec les administrateurs du sites, mais après avoir été banni pour la deuxième fois de la plateforme, je décidai de changer de stratégie en essayant de faire prendre conscience aux graphistes de Wilogo de la situation dans laquelle il se mettaient, et à quel point ils pouvaient se passer de Wilogo pour gagner leur vie. Certains m'ont écoutés (comme Efflam par exemple) et apparemment ça ne leur à pas trop mal réussi.

L'excuse de Wilogo pour pratiquer des tarifs bas est de partir du postulat de base qu'une PME ne peut pas se payer les services d'un graphiste au tarif normal, et qu'il est donc légitime de travailler gratuitement pour satisfaire cette entreprise, afin qu'elle dispose d'un logo à bas prix. pour moi, ce postulat est aberrant (d'autant que wilogo sont toujours payés quoiqu'il arrive), mais admettons. Le problème est que devant le succès grandissant de la plateforme des marques de plus en plus prestigieuses et des entreprise ayant de gros moyens ont été attirés par cette plateforme.

Étape 1: Danone communities fait appel à wilogo

La première de la liste a été Danone. à ce moment là, comment justifier les honoraires dérisoires (450€ bruts) donnés en compensation du travail de 50 graphistes pour une grande marque ? L'excuse de la PME ne tenant plus, de nombreux graphistes se sont plaints de cet état de fait, et le sujet correspondant sur le forum a été verrouillé. Dans l'affaire Danone, il s'est en plus révélé que Wilogo servait de sous-traitant à une entreprise de consulting/communication, qui avait été payée par Danone pour réaliser leur logo (un prix correct je suppose). Forcement Wilogo était une manière facile et bon marché d'obtenir des centaines de propositions et de les revendre en margeant ensuite, preuve que les prix pratiqués sur cette plateforme sont plus qu'avantageux. J'avais à l'époque dénoncé cette opération, et c'est un des premiers éléments qui à fait naitre la polémique. C'est à partir de cet évènement que les admins de Wilogo ont pris conscience, grâce aux critiques éclairées de Thoréa, de la fragilité de la plateforme, qui était en V2 à l'époque.

Étape 2: Le syndicat d'extrème gauche UNIR signe une clause de confidentialité avec la plateforme, sans succès

La deuxième source de tension entre Wilogo et moi à été le fait que je révèle que le syndicat UNIR, un syndicat d'extrême gauche, fasse appel à Wilogo pour réaliser son logo. J'étais à l'époque banni du site, et j'avais reçu cette info sur ma boite mail. Je me suis alors empressé de poster un message sur 1dcafé pour révéler cette info, tant il était choquant pour moi qu'une association d'extrême gauche se targant de protéger les travailleurs fasse appel à une plateforme discount qui fait travailler 50 personnes pour n'en payer qu'une. Suite à cette révélation, j'ai eu de nombreux coups de téléphones de la part de wilogo et du responsable de UNIR, me demandant de retirer tous les messages relatifs à Wilogo et à UNIR. Il se trouvait qu'en fait, UNIR avait payé une option (60€ me semble t'il) pour que sa demande soit confidentielle. Or il se trouve qu'il est difficile d'éviter les fuites lorsqu'on partage une info avec plusieurs centaines de personnes non-rémunérés. Le système de confidentialité était beaucoup à d'ailleurs été amélioré depuis, car à l'époque n'importe quel inscrit pouvait accéder au cahier des charges, ce qui faisait de la confidentialité plus une bonne blague qu'une garantie sérieuse.

Comme j'avais révélé une information confidentielle, Wilogo m'a menacé de m'attaquer en justice, pour n'avoir pas respecté leur clause de confidentialité. Or à l'époque, étant banni, je ne faisait plus parti de Wilogo, et surtout, je n'avais signé AUCUNE clause de confidentialité envers Wilogo. L'argument ne portant pas, les administrateurs ont menacé 1dcafé de diffamation, et l'admin d'1dcafé à supprimé le message fautif. C'est entres-autres pour cela que j'ai créé ce blog, afin d'être le seul maitre de ce que je publie. J'ai d'ailleurs publié dès que j'ai pu un billet à ce sujet. Croyant savoir qui était à l'origine de la fuite, ils ont aussi appelé une personne pour la menacer de poursuite, mais le pauvre n'y était pour rien. Au final, Wilogo n'avait aucun moyen de cacher cette info qu'ils auraient préféré garder confidentielle, ils ont donc abandonné les menaces et décidé d'améliorer le système de confidentialité.

Étape 3: le logo seesmic

Je ne vais pas m'étendre plus que je ne l'ai déjà fait, mais une autre source de tension récente avec wilogo est d'avoir dénoncé le partenariat avec la société seesmic, qui malgré le fait qu'elle ait les moyens, se serve du perverted crowd-sourcing pour générer du buzz, et au final ne même pas utiliser le travail des graphistes. Suite à ce billet, les forums de Wilogo ont été totalement verrouillés, y compris ceux qui étaient publics, et il faut désormais renvoyer par courrier un contrat de 10 pages pour y avoir accès (et pas le style de contrat anodin)

Étape 4: Décathlon fait appel à Wilogo pour faire ses logos

Voilà la dernière évolution en date: une personne dont le pseudonyme est "frédoulataupe" est venue révéler sur ce blog que Décathlon avait fait appel à Wilogo pour réaliser un logo pour son site "les vitrines de l'innovation" qui serait ensuite repris sur des étiquettes produits et d'autre éléments de communication. Une fois de plus, une grande marque fait appel à Wilogo et à ses prix cassés pour refaire son image à bas-coût, et une fois de plus de nombreux graphistes vont travailler sans être payé. Cerise sur le gâteau, Décathlon aurait apparemment payé l'option confidentialité pour ne pas que ce partenariat soit divulgué, (surement pour des raisons stratégiques) mais je crois que l'on peut affirmer qu'il est illusoire d'espérer une quelconque confidentialité quand une information est partagée entre une centaine de personnes au bas mot, et surtout quand ces personnes ne sont pas vos employés. Car si on y regarde de plus prêt, quel risque encoure-t-on à violer cette confidentialité ? un licenciement ? des poursuites ? encore faudrait-il connaitre l'origine de la fuite, qui n'est pas forcement la personne inscrite !! Bref, il ne me viendrait pas à l'idée de proposer une clause de confidentialité à mes clients si autant de paramètres étaient réunis pour que cette confidentialité échoue.

Quoiqu'il en soit, le cahier des charges complet de la demande de logo de décathlon à été publié sur ce blog, incluant les conditions tarifaires et les rémunérations du graphistes. Ces informations ont été promptement confirmées par Arnaud Bailly, administrateur de Wilogo, qui a été jusqu'à préciser les futures évolutions du partenariat entre Wilogo et Décathlon.

Pourtant, le soir même, Marie et moi recevions un mail de la la part d'Eddy Fayet, autre administrateur de Wilogo, nous sommant de retirer le cahier des charges sois disant confidentiel de notre blog.

On voit que la mode actuellement est de systématiquement poursuivre l'éditeur du contenu plutôt que d'essayer de chercher qui est la vraie source de l'info. C'est tellement plus facile. Pourtant ça n'est pas à moi de vérifier qui à signé un contrat de confidentialité avec qui, je ne peux pas deviner non plus quelle info est confidentielle et laquelle ne l'est pas, puisque par définition elle est confidentielle !

Comme nous n'avions signé aucun contrat de confidentialité envers wilogo (une fois de plus) et que ce commentaire n'enfreignait aucun des articles de la Loi n°2004-575 du 21 juin 2004, et que je me refuse à toute censure de ce blog sans raison valable, nous avons décidé de ne pas donner suite à cette demande. J'ai quand même indiqué que j'étais prêt à communiquer l'IP du posteur si une décision de justice m'y obligeait, et j'ai invité Eddy Fayet à me fournir les preuves suivantes:

Si malgré ces éléments vous estimez que votre demande est légitime, je vous prierai de m'adresser par courrier les éléments suivant:
- La preuve que l'information publiée provient bien de votre plateforme
- La preuve qu'elle revêt un caractère confidentiel suffisant que je suis contraint de respecter en tant qu'éditeur de contenu
- La preuve que j'ai eu accès personnelement à cette information depuis sa publication sur votre plateforme
- La preuve que je suis lié d'une quelconque manière avec votre société, et plus précisément par une clause de confidentialité que nous aurions contracté l'un envers l'autre.
- Le cas échéant, la preuve que vous avez subi un préjudice important par la publication de cette information, qui justifierai son retrait immédiat

à l'heure ou j'écris ces lignes, je n'ai reçu aucun de ces éléments.

Vous comprendrez bien que je ne suis pas du genre à retirer sur simple demande du contenu qui n'enfreint aucune loi, juste parceque ce contenu gêne quelques personnes. Une fois de plus, on voit qu'étant impuissant à conserver une confidentialité que pourtant ils facturent au client, ils préfèrent attaquer ceux qui diffusent l'info plutôt que de remettre en question le système, quand bien même ses failles sont flagrantes.

Ne donnant pas suite, j'ai reçu peu de temps après une pompeuse lettre recommandée d'un cabinet d'avocat agissant en tant que conseil de Wiconcept (la société éditrice de Wilogo) me mettant en demeure de retirer le contenu litigieux (le cahier des charges) ainsi que toutes les mentions relative à wilogo dans les 8 jours. Extrait:

Votre responsabilité peut donc être engagée dans la mesure où ayant eu connaissance du caractère illicite du contenu vous n'avez pas rapidement supprimé les informations litigieuses ou bloqué leur accès. La diffusion de ces informations confidentielles porte en tout état de cause atteinte à l'image de sérieux et de professionnalisme de la société WICONCEPT. Compte tenu de ce qui précède, et de l'atteinte que vous portez aux droits de la société WICONCEPT je vous mets en demeure de faire procéder sans délai à la suppression de votre blog, sous le billet intitulé « Concours de logo seesmic », du commentaire n°60 posté par « Fredoulataupe » le 1er mars 2008, et de toute référence à la société DECATHLON dans les autres commentaires faisant suite au commentaire n°60. Je vous mets donc en demeure de me faire parvenir dans un délai maximum de huit jours ouvrés suivant l'envoi de la présente lettre recommandée avec accusé de réception tous documents attestant de l'exécution de l'injonction visée ci-dessus.

Cette lettre est rédigée sur un ton qui tente d'être intimidant, et se base sur des interprétations discutables de la jurisprudence en matière d'opposabilité de contrats au tiers, dans le but évident d'impressionner celui qui la lit. C'est le type de lettre qu'on fait rédiger par un avocat pour obtenir gain de cause à peu de frais. Cette lettre émane d'un cabinet d'avocat en ligne, qui selon mon avocat est coutumier de ce style de lettre, et qui manifestement n'a pas respecté les formes obligatoires pour un tel courrier, ce qui les expose à des sanctions. Je vais donc en référer au barreau de rattachement de ce cabinet d'avocats. Il m'a aussi fait état plusieurs fois que la société DECATHLON SA allait elle aussi m'assigner en justice, mais il me semble que ça n'était que des menaces destinées à donner plus de poids à la lettre, car si Décathlon doit se retourner contre quelqu'un, c'est contre le site Wilogo, qui n'a pas été à même de respecter leur part du contrat en laissant diffuser cette info, alors même que la confidentialité était facturée.

Remarquez la logique: ils demandent de retirer toute mention à Décathlon FAISANT SUITE au commentaire numéro 60, alors qu'il est question du partenariat Wilogo/Décathlon dès le commentaire 56 :TSS:

Vous remarquerez également que ce blog est visé directement, et qu'à aucun moment ni Wilogo ni leurs avocats ont tentés d'obtenir l'IP du posteur pour connaitre l'origine de la fuite.

Après avoir lu la jurisprudence et demandé conseil à des amis, nous avons constaté que nous ne risquions pas grand chose à conserver le fameux "contenu illicite" en ligne sur notre blog. Car au fond, l'information n'était pas confidentielle pour nous, et Arnaud Bailly lui même avait confirmé cette info.

Et par dessus tout, nous trouvons cette généralisation de la censure "à la demande" sur le net carrément gerbante, et je ne vois pas pour quelle raison des sociétés privées ou des individus auraient droit de vie ou de mort sur du contenu, sur simple demande un peu musclée, sans apporter de preuves, juste parce que celui-ci n'est pas élogieux envers eux, ou simplement les dérange. Nous voulions donc faire passer la liberté d'expression avant tout, et retirer le fameux commentaire seulement si la loi nous y contraignait.

Bien que la cause nous semblait juste, nous avons quand même décidé de consulter un avocat pour avoir son avis, et voilà ce qui en est ressorti:

Le fait que l'information soit confidentielle ne nous regarde pas, nous n'avons violés aucune clause d'aucun contrat. Nous avons publié ce commentaire dans un but informatif. Toutefois, reprendre le commentaire tel quel (un simple copier/coller du site Wilogo) peut être jugé comme préjudiciable pour Wilogo, même si il y'a peu de chances. Ainsi nous préférons retirer le commentaire incriminé car nous jugeons qu'il y'a assez d'éléments satellites pour parler de ce partenariat sans risquer un procès inutilement. Car même si il a peu de chances d'aboutir, ce procès nous obligerait à des déplacements fréquents et entrainerait des frais d'avocats que nous ne pouvons pas nous permettre actuellement, sans garanties d'être remboursés plus tard. Nous voulons aussi montrer par le retrait de ce commentaire que nous ne voulons pas nuire à la société Wilogo mais seulement informer les gens des dérives du métier de graphistes, Quand des grosses multinationales font appel à des société discount pour obtenir les meilleurs prix, en négligeant totalement les conditions de rémunération des participants à l'appel d'offre.

C'est pour ces raisons que nous avons décidés de supprimer le cahier des charges copié/collé du site de Wilogo, seul élément pouvant être jugé comme litigieux. Par contre nous conservons toutes les mentions relatives à ce partenariat, car l'information à été révélée dès le commentaire 56, et il ne nous a pas été demandé de la retirer sur ce commentaire, nous estimons donc que le partenariat en lui même n'est pas confidentiel. De plus, l'administrateur de Wilogo ayant lui même confirmé et précisé cette information, nous voyons mal comment nous pourrions être attaqués pour avoir diffusé les précisions émanant d'un responsable du site.

Conclusion (ouf)

Cette histoire pose plusieurs interrogations, je vais me contenter de les poser en vrac, sans tirer aucune conclusions:

  • Est-il normal qu'une entreprise tente de faire pression par tous les moyens, y compris l'intimidation juridique pour obtenir le retrait d'une information totalement légale ? (la mention du partenariat avec décathlon en commentaire)
  • N'est-il pas utopique de proposer et facturer des services de confidentialité lorsque qu'environ une centaine de personne que vous ne connaissez pas et qui ne sont pas vos salariés ont accès à ladite information confidentielle, alors même qu'ils ne touchent aucune rémunération et n'ont aucun intérêt financier (ou autre) à ce que cette confidentialité soit respectée ?
  • En tant qu'entreprise, quel crédit peut on accorder à un service de confidentialité comme celui ci ?
  • Est-ce que Décathlon est au courant que la confidentialité à été rompue, et Wilogo sait il que contractuellement ce sont eux, et pas nous, les responsables ?
  • Est-ce normal que des entreprises dégageant plusieurs millions de chiffre d'affaire et étant présentes dans plusieurs pays se servent de ce genre de plateforme pour réaliser leur communication à bas prix ?
  • Les graphistes qui participent à ça ont il une idée de l'écart de prix pratiqué avec les prix du marché, et est-ce que cela ne les dérange pas de travailler gratuitement ?
  • Maintenant que tous les forums sont verrouillés, et que les graphistes doivent signer un gros contrat pour participer aux demandes, peut-on parler de communauté ouverte et de réciprocité entre les admins et la communauté ?

Et maintenant ?

Maintenant que le commentaire incriminé est hors ligne et que le contenu restant n'est que de l'information véridique, je ne sais pas trop comment cette histoire va se terminer, mais ce qui est sûr c'est que je vais prendre contact avec le service communication de Décathlon, pour leur demander leur opinion sur la question, car je ne suis pas sûr qu'ils soient au courant de toute cette histoire, ni même que des personnes vont travailler gratuitement pour créer leur logo.

Si en tant que graphiste vous ne trouvez pas normal que des grandes entreprises commencent à utiliser ces procédés pour avoir 50 propositions gratuitement, et que vous estimez que ces pratiques mettent en danger votre profession, je vous encourage à la reprendre et à la diffuser cette information un maximum sur vos blogs, ou sur des forums de graphistes, avec ou sans lien vers ce billet (notre but n'étant absolument pas de faire du buzz pour notre blog, mais de faire tourner l'info). Si vous trouvez qu'il n'est pas normal de faire pression pour cacher certaines information, je vous encourage aussi à faire des trackbacks ou des liens vers ce billet, qui montre à quel point certaines entreprises sont prêtes à tout pour ne pas que certaines informations transpirent. N'hésitez pas non plus à contacter décathlon de votre coté pour leur demander quelle est exactement leur politique de communication, je pense qu'ils y seront sensibles.

Pour ma part je pense qu'avec ce billet je viens de solder mon lourd passif avec wilogo, j'ai essayé d'être le plus objectif possible, on verra bien où tout ça nous mènera. Comme je le répète à chaque fois, c'est surtout pour les graphistes que j'essaye d'expliquer tout ça, en espérant que mon expérience pourra être utile à certains, pour de meilleures pratiques du métier que j'aime, même si actuellement je désespère de plus en plus devant le peu d'écho que je trouve chez mes pairs. Plus ça va, plus j'ai l'impression que de moins en moins de graphistes agissent de manière rationnelle pour vivre du travail qu'ils aiment, et font tout pour saboter leur profession :-|

//note: je laisse ouvert les commentaires de ce billet, mais tout commentaire insultant ou diffamatoire sera retiré immédiatement, je ne cherche pas à obtenir un règlement de compte généralisé. Merci de rester courtois et objectifs, ça me rendrait service. le billet doit être truffé de fautes, mais là au dodo, demain j'ai une journée de boulot suivie de 8h de trajet et d'un déménagement qui m'attendent, j'ai déjà veillé au delà du raisonnable :-/

//edit du 06/04/08: j'ai modifié le titre du billet, pour le rendre plus compréhensible. Les administrateurs de Wilogo ayant usé de leur droit de réponse, voici un lien direct vers celui-ci (en commentaires)

voici également une liste de lien qui traitent du même sujet, sur de nombreux forums et blog. si j'en ai oublié merci de le signaler en commentaires.

http://www.rootsarts.net/V7/2008/03...
http://www.cfsl.net/?forum=viewtopi...
http://www.flashxpress.net/forum/sh...
http://www.kob-one.com/viewtopic.ph...
http://www.1dcafe.com/index.php?nam...
http://www.goanna-webdesign.com/blo...
http://vectorfabrik.com/dotclear2/i...
http://www.olivierbeining.com/index...
http://coccigrue.blogspot.com/2008/...
http://beaulysstudio.wordpress.com/...
http://blog.linfographik.com/perso/...

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