Le pognon, le flouze, la maille, la fraîche : Combien ce projet a-t-il rapporté ?

J’économise le scroll de la molette de votre pauvre souris en commençant pas la partie qui vous intéressera sûrement le plus : combien le projet a rapporté.

Je partage ces chiffres en toute transparence car je pense que le partage est intéressant pour ceux qui voudraient tenter l’aventure. De toute la littérature que j’ai pu lire sur le sujet, je pense que je suis un des rares à le faire.

Je reviendrai en détail au long du billet sur les différentes dépenses et recettes, mais voici le résumé financier synthétique de l’opération (ce sont des chiffres arrondis donc ne vous étonnez pas que ça ne tombe pas pile) :

Chiffre d’affaires (= total des ventes encaissé sans rien déduire) = 26000 €

  • Ventes Kickstarter = 20700 €
  • Ventes Crowdox (ventes additionnelles post-campagne, addons etc) = 4500 €
  • Ventes physiques = 550 € (en progression)
  • Ventes de la nouvelle boutique qui vient d’ouvrir = 300 € (en progression constante)

Dépenses = 14000 €

  • Fabrication des produits = 9500 €
  • Commissions des plateformes (Kickstarter, CrowdOx, Stripe, iZettle) = 2500 €
  • Frais d’envois (incluant affranchissement, enveloppes, flyers et ré-expéditions) = 1300 €
  • Promotion et cadeaux = 300-500 €

Cotisations sociales (estimées) = 900 €

🚨 Attention, il s’agit des cotisations estimées en bénéficiant du dispositif ACRE, elles sont 4 fois inférieures au régime général.

Je rappelle que toute somme touchée est soumise à des cotisations, une campagne de financement ne dérogeant pas à la règle, j’ai dû créer le statut adéquat et déclarer le chiffre d’affaires encaissé. J’ai l’impression que bien souvent cette partie passe à l’as dans les opérations de crowdfunding que je croise.

Selon les montants atteints, il peut être aussi nécessaire de reverser de la TVA, ce qui peu plomber votre marge de 20%, donc prenez garde d’inclure tout ça dans vos calculs en amont.

Bénéfices = 11500 €

Voici un petit graphique qui récapitule tout ça :

Est-ce que c’était rentable ?

Question à laquelle il est difficile de répondre. Quand j’ai lancé le projet, mon but était clair :
que les gens aient des goodies cool pas trop chers et que SURTOUT je ne me retrouve pas à devoir mettre des sous de ma poche suite à un mauvais calcul. De ce point de vue, l’opération a été un succès.

Cela dit, 11500€ de bénéfice peut sembler être une somme rondelette pour un particulier, mais pour une activité commerciale c’est loin d’être une somme notable.

Ce tarif correspond à 20 jours de travail en freelance à mon taux journalier «longue durée», et le projet m’a pris plus longtemps que ça à gérer. Le temps total passé sur ce projet est difficile à estimer mais tout mis bout à bout, je pense que j’ai y passé une trentaine de jours.

Est-ce que c’est une activité viable ?

Il s’agissait d’une activité annexe, combinée à une activité salariée et d’une activité freelance, donc financièrement cela restait un bonus bienvenu, sans compter les retombées indirectes sur lesquelles je reviendrai.

Mais il s’agit d’un projet « one shot », et même si les ventes résiduelles sont régulières, elle restent anecdotiques et ne suffisent absolument pas à assurer un revenu. Ça n’est donc pas une activité viable sur la longueur car il n’y a pas d’effet de levier, comme un volume de commandes permettant de faire des économies d’échelles.

Le projet n’était pas trop « scalable » comme disent les jeunes, et que plus de commandes = plus de dépenses. L’économie sur le volume n’a pas trop joué non plus étant donné l’ajout de modèles différents pendant la campagne.

Pour que ça devienne viable, j’aurais dû soit monter le prix des écussons, soit faire fabriquer moins cher ou de moins bonne qualité, pour retrouver des marges commerciales habituelles.

🤓 Conseil : Même si vous faites ça pour le fun, visez la rentabilité, sinon vous allez juste galèrer sans aucune retombée, voire même perdre de l’argent.

Maintenant que votre curiosité est satisfaite, assez parlé d’oseille, parlons du reste de la campagne.

Quelques chiffres supplémentaires

  • 510 contributeurs Kickstarter dont 150 hors de France
  • 250 clients additionnels post-campagne
  • Des contributeurs répartis dans une quinzaine de pays
  • Campagne financée à 692 % à la clôture
  • Engagement moyen pendant la campagne de 41 €
  • 182 personnes qui utilisaient Kickstarter pour la 1re fois
  • 45 % des contributions en trafic direct
  • 23 % des contributions arrivant par Twitter
  • 3300 écussons brodés et plus de 10000 autocollants vendus
  • Récompense la plus choisie : 2 patches et 12 stickers
  • Écusson le plus vendu : Celui du Cyberspace Building Crew, suivi de « From Tab To Space »

Le projet : Des écussons des métiers d’Internet pour les travailleurs d’Internet

Comme vous le savez sûrement, l’idée des écussons provient d’une slide de conférence pour Paris Web. Dans la foulée j’ai demandé aux gens sur Twitter si ça les intéressait, puis dès que j’ai eu un peu de temps je me suis lancé dans le dessin des écussons.

Pourquoi des écussons ?

Tout simplement car je trouvais ça personnellement cool, et que je pense que c’était le cas de quelques autres personnes, donc j’ai commencé à dessiner 5 écussons de métiers proches du mien dans la chaîne de production web (pour finir par en faire 14 différents).

Comme les écussons brodés ne plaisent pas à tout le monde et que les stickers sont omniprésents dans le milieu du web, j’ai décliné les modèles sur des autocollants découpés à la forme pour orner les laptop.

Un point important pour moi était de faire un dessin original, et pas une énième ressucée de licence en mode «zone-grise-vide-juridique-droit-à-la-parodie» (= de la contrefaçon).

En gros, un truc geeko-compatible, certes, mais pas de Rick & Morty habillés en Calvin & Hobbes avec des sabres laser Pokemon en Lego. Juste une création originale personnelle dont je détiendrais les droits en intégralité afin d’avoir les coudées franches pour en faire ce que je voulais ensuite (et aussi faire quelque chose de nouveau).

Restait à se mettre au boulot et à dessiner.

L’idée était de dessiner des écussons spatiaux, je me suis donc beaucoup documenté sur les formes, les couleurs et les significations des écussons existants, puis j’ai adapté ça en y glissant des références de chaque métier.

Le brief principal étant que ça me plaise et je me suis pas mal amusé.

Au fil de la campagne, j’ai été amené à créer des écussons pour des sponsors, mais le processus était le même car le deal était de conserver une liberté créative totale, et je crois qu’ils ont été très satisfaits du résultat.

Un mot sur le choix de la plateforme : J’ai sélectionné Kickstarter pour son ouverture internationale et son capital de confiance auprès du public, pour un projet franco-français j’aurais pu sélectionner Ulule. J’ai évité Indiegogo pour sa mauvaise réputation auprès des contributeurs.

Avant la campagne : Plans are worthless, but planning is everything

Comme le disait ce cher Dwight (Eisenhower), un plan ne sert à rien, mais une planification soignée peut faire toute la différence.

Cette citation s’est révélée plutôt juste.

Le plan était le suivant : Les agences web, amatrices de goodies divers, allaient acheter des packs d’écussons pour les métiers de leurs salariés, et l’initiative allait gentiment buzzer sur les sites d’actus du secteur, ce qui permettrait d’atteindre l’objectif.

Un autre militaire a dit «aucun plan ne résiste au contact de l’ennemi». Il n’avait pas tort car rien ne s’est passé comme prévu.

Mais chaque chose en son temps, revenons à la planification. Tout se prépare quelques mois avant la date du lancement.

🚨 Une chose très importante à savoir est que le succès d’une campagne se joue dans les premières 48 heures, voire 24h. La phase de préparation est donc indispensable.

Étape 0 : créer un tableau Trello

Je suis devenu très adepte de cet outil qui permet d’avoir un aperçu des choses à faire sur des petites cartes qu’on peut organiser dans des colonnes.

Voici les colonnes que j’avais créées pour l’occasion :

  • Communication = liste de choses à faire pour communiquer sur le projet (sites à contacter, goodies à offrir, conseils de communication d’autres campagnes Kickstarter)
  • À faire = Trucs qui restaient à faire, obviously
  • Piges (recherches) = Les recherches graphiques sur les écussons + les boutiques de concurrents qui vendaient le même genre de produits
  • Préparation = Des articles de conseils pré-lancement de gens ayant mené à bien des campagnes de financement participatif par le passé
  • Conseils = pareil mais plus global
  • À acheter = Dès que je pensais à un truc que je devrais acheter, je le mettais là pour le comptabiliser
  • Achats = Les chose effectivement achetées à décompter de ma marge
  • Plusieurs colonnes de pense-bête mal organisées
  • Site boutique (colonne ajoutée à la fin pour le site e-commerce)

Globalement j’ai lu tout ce qui avait été écrit en anglais et en français sur le lancement d’une campagne de financement, tous les conseils pertinents ou pas, toutes les astuces de petit malin. Ce billet regorge de références qui m’ont été très utiles et que je vous partage à mon tour. Lisez-les toutes si vous pouvez. kickstarter propose aussi un manuel du créateur

Je crois que personne n’a lancé de campagne en étant plus préparé que moi. Si vous voulez vous lancer dans l’aventure, je vous conseille de faire la même chose car la préparation est la clé.

Étape 1 : Estimations financières + fixer un objectif

Calculer le montant de l’objectif

Le nerf de la guerre d’une campagne de crowdfunding est de fixer l’objectif final.

Il faut à la fois qu’il soit atteignable et à la fois suffisant pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau si vous l’atteignez mais n’avez pas assez d’argent pour honorer vos commandes. Il ne faut pas qu’il soit trop haut non plus car s’il manque ne serait-ce que 1 € à la fin, les contributeurs sont remboursés et vous perdez tout l’argent engagé. C’est tout ou rien.

🚨 Ne vous amusez pas à payer vous même pour atteindre un objectif proche, Kickstarter ne plaisante pas avec le blanchiment et suspendra ou annulera votre campagne. Soyez prudents.

🚨 Quand vous lancez votre campagne, il faut que vous soyez quasiment sûr d’atteindre votre objectif, donc paradoxalement ne pas voir ça comme un objectif rêvé et lointain.

🤓 Certains (dont je fais partie) diront même qu’il faut qu’il soit virtuellement atteint avant même le lancement.

Pour fixer son objectif, il faut calculer tout ce qui va vous coûter de l’argent, sans sous-estimer aucun poste, par exemple les commissions et frais ou les coûts de livraison pour ne pas devoir payer de votre poche l’envoi des récompenses (un grand classique).

Vous devez donc contacter plusieurs fournisseurs en avance, demander plusieurs devis et estimations, et TOUT compter (+ une marge de sécurité de 20 à 40 %). Si vous comptez manipuler des colis, renseignez vous sur les taxes, les frais de douanes et les prestataires de préparation et d’envoi (fulfillment), ça peut être bon de les intégrer à vos calculs. Comptez aussi les invendus et intégrez-les dans l’objectif global, ce sera du bonus à la fin.

Estimez le poids de vos envois, estimez le prix des emballages, estimez l’affranchissement nécessaire pour l’envoi des récompenses une fois emballées et avec tout les extras que pourraient contenir le colis.

🤓 Dites-vous qu’il vaut mieux compter large et gâter vos contributeurs si tout se passe bien qu’être en permanence à la limite du déficit et chipoter sur chaque centime.

En tant que consommateur, si vous avez un problème et que votre colis se perd, vous préférerez en avoir un nouveau sans discussion avec un petit sticker d’excuse en bonus plutôt que le vendeur vous fasse mille histoires et mette en cause votre bonne foi.

À ce calcul standard s’est ajouté une autre variable pour mon projet : Les prix de fabrication des patches et stickers est extrêmement variable selon les volumes commandés (ça passe vite du simple au double, voire triple).

Comme il est impossible de prévoir quel design allait le plus plaire, il était probable de se retrouver dans des cas où un écusson était commandé 5 fois et un autre 100 fois, ou pire, que chacun soit commandé 20 fois, faisant ainsi exploser le prix à l’unité. Donc atteindre l’objectif, mais perdre de l’argent, un comble.

J’ai donc dû calculer tous les scénarios plausibles, avec l’aide de Florent qui m’a fait plusieurs simulations pour que quoiqu’il arrive, je ne me retrouve pas en déficit.

En plus de ces projections sur le prix du produit lui-même, il a fallu que j’intègre toutes les autres dépenses dans mon calcul : frais postaux, colis et marchandise perdues, prototypes, enveloppes, flyers d’accompagnement (que j’avais oublié), cadeaux, marge de sécurité de fabrication (10% !), commissions des plateformes etc. N’oubliez pas non plus de compter la TVA si vous y êtes soumis car vous vendez à des particuliers.

J’ai finalement fixé l’objectif à 3000 € pour 5 modèles d’écussons, ce qui permettait de rentrer dans mes frais dans le cas du pire scénario, et de gagner un peu d’argent dans le meilleur des cas.

Quelques petits articles et des calculateurs en ligne pourront vous aider à fixer correctement votre objectif.

🚨 Important : faites vous aider et faites relire vos calculs. Demandez à vos potes forts en maths, en gestion et en sens commun. Un tableur sera votre nouveau meilleur ami, apprenez à faire les formules de bases pour pouvoir jouer avec les différents paramètres. Listez tous vos coûts dès le début et mettez-les à jour régulièrement.

J’ai eu la chance qu’une équipe de professionnels de choc se penchent sur mon projet dans un chan de slack nommé #purgatoire créé pour l’occasion. Merci Marie, Olivier, Pierre, Yoan, Florent, Vincent et Christophe qui a d’ailleurs écrit un très bon retour d’expérience sur sa campagne à lui.

Demandez, et vous obtiendrez

N’hésitez pas à demander des conseils à des gens expérimentés et à faire des recherches. J’ai cherché si des projets similaires existaient déjà sur Kickstarter et je suis tombé sur les magnifiques écussons de Georges Coghill aka Monsterologist. Il avait réussi plusieurs campagnes donc je lui ai posé quelques questions par mail sur la meilleur stratégie à adopter, sans trop y croire. Et bien il a répondu gentimeent à mes nombreuses questions, a éclairé bien des zones d’ombres et m’a permis d’aviter quelques conneries. C’était vraiment sympa de sa part étant donné que je sortais de nulle part et qu’il aurait pu me voir comme un concurrent. L’entraide entre créateurs est précieuse.

Les contreparties / récompenses

Comme Kickstarter le répète à longueur de pages pour se couvrir, ça n’est pas une boutique, et ils ne vendent pas de produits.

Trouver des bonnes contreparties au juste prix n’est pas évident, vous pouvez déjà commencer par lire le guide de Kickstarter sur la question pour défricher un peu le terrain.

WHAT ARE YOU ACTUALLY TRYING TO MAKE? This should be your primary reward, and you can build other rewards around it. Extras are nice, but don’t steer people to a $20 T-shirt when you’re trying to print a $40 graphic novel. Clear, simple rewards help potential backers make a selection, and help you get funds to spend on the actual project.

Les contributeurs (backers) font des contributions (pledges) pour que votre projet se réalise, et en échange vous pouvez leur donner une récompense (reward).

Évidemment dans le cadre d’une pré-vente, la récompense est le produit, mais comme ça n’est pas une boutique en libre service il faut définir plusieurs niveaux qui satisfassent le plus de monde possible.

Après l’avoir créée, J’ai fait l’impasse sur la récompense symbolique à 1 € « Un grand merci contre quelques euros » car je pense que ça n’intéressait personne, pour me focaliser sur les récompenses concrètes. Certains affirment au contraire que ce type de récompense est indispensable, à vous de voir (même si vous ne prévoyez pas de contrepartie, les gens pourront toujours verser 1 €).

🚨 C’est un exercice difficile car une fois sélectionné par au moins une personne, les récompenses sont figées et vous ne pouvez plus les modifier, il faut donc bien faire attention.

J’ai opté pour le classique 1, 2, 3 ou 5 patches, accompagnés ou pas de stickers. Il a fallu ensuite fixer le prix de chaque récompense, pour qu’elles soient harmonisées et que chacun y trouve son compte, et pour ne pas qu’une offre soit bien plus intéressante qu’une autre, ou au contraire inutile.

Certains conseillent de faire un maximum de 10 récompenses, je dirais que ça dépend de votre projet et que le tout est que vos backers s’y retrouvent.

Il faut également penser les prix pour que les commandes se concentrent sur les offres que vous voulez mettre en avant, sans pour autant casser le marché.

Don’t discount - Limited Earlybirds are good to reward your friends & family, but you shouldn’t cut your price - backers aren’t expecting Groupon-like discounts and you won’t get a true read on your retail price.

Les statistiques montrent que le montant de la récompense idéale est de 50$ et qu’il faut au moins une récompense autour de ce prix et d’autres en dessous.

Les récompenses ont un peu évoluées au fil de la campagne et j’ai dû rajouter les récompenses sponsors + des packs complets que je n’avais pas mis au début.

Là encore, la littérature anglophone est prolifique sur la question si vous voulez creuser :

Kickstarter Math is Weird / A Step-by-Step Guide to Pricing Your Core Reward

Les early birds

Une autre pratique courante, celle d’offrir à vos premiers contributeurs une récompense exclusive pour dynamiser le début de campagne.

🤓 Comme le succès de la campagne se joue dans les premières heures, ça peut être une bonne idée de motiver les troupes au lancement et créer un sentiment d’urgence pour ne pas que les contributeurs attendent 1 mois avant de se lancer.

J’avais opté pour 2 récompenses spéciales early birds :

  • 2 patches achetés = 1 patch qualité offert (patch inédit en début de campagne)
  • 1 pack complet de 5 patches acheté = une ristourne sur le prix + l’assurance de se voir offrir tous les écussons débloqués par les stretch goals

La première offre était classique, et financée en partie grâce au sponsoring Opquast qui offrait les écussons additionnels, mais la 2e était plus ambitieuse, et se situait dans le « sweet spot » des 50 $ (cf. plus haut).

En effet, tant que le pack contenait 5 ou 6 écussons ça allait, mais comme on est arrivé à 14 écussons débloqués à la fin, cette offre est devenue imbattable et m’a coûté de l’argent. En revanche, les early birds étaient super contents 😎👍

Avec le recul, je ne regrette pas cette offre, car heureusement je l’avais limitée à 100 unités, et c’était une bonne façon de remercier les gens qui croyaient au projet.

Payer une quarantaine d’euros dans l’espoir de faire une super affaire si les écussons étaient débloqués et s’assurer toute la collection quoi qu’il arrive.

🤓 Les contributeurs de la première heures ayant pris ce pack avaient donc tout intérêt à faire la promotion de la campagne, chaque palier atteint leur débloquant un patch gratuit.

Cette offre avait aussi un avantage important, celui de lisser le nombre d’exemplaires à fabriquer par modèle.

En dessous de 100 exemplaires pour les écussons, le prix à l’unité est bien trop élevé pour que ce soit rentable. Pousser une offre qui permettait d’avoir au moins 100 commandes de chaque modèle assurées, et donc de diminuer le prix à la pièce pour les commandes individuelles était une bonne chose.

Les addons

Les « addons » sont un moyen non-officiel d’ajouter des choses à la commande. Kickstarter n’étant pas une boutique, il n’y a pas de panier à proprement parler, donc à moins de mettre toutes les variables possibles en récompense, ce qui n’est pas conseillé, vous demandez à vos contributeurs de rajouter une somme à leur contribution, puis vous vous débrouillez après (on y viendra plus tard).

Globalement personne n’a rien compris à ce fonctionnement malgré les explications et schémas que j’avais produit pour l’occasion, mais il n’y avait pas d’autres moyens de commander un pack de stickers ou un écusson en plus pour ceux qui le souhaitaient.

Ces addons ont généré pas mal de questions et de SAV, mais ont permis de gonfler un peu le panier moyen.

Les stretch goals

Même si Kickstarter le déconseille car ça n’est pas une pratique officielle, il est d’usage dans les campagnes de ce genre de proposer des « stretch goals », à savoir des nouvelles choses à débloquer si l’objectif est atteint.

Ça peut servir à animer votre campagne et à susciter de l’intérêt, mais il y a plusieurs choses à prendre en compte :

Déjà ça n’a rien d’obligatoire. Si ça ne correspond pas à votre campagne, laissez tomber. Lisez ces précieux conseils sur la question avant de vous lancer.

🚨 Une erreur courante et de vouloir en faire trop au point que ça éclipse la campagne initiale et aille jusqu’à gêner sa bonne réalisation, voire vous ruine.

Cette erreur est souvent le résultat de nouveaux produits débloqués qui n’ont rien à voir avec la campagne (tshirts, mugs…) et dont les coût de fabrication, d’envoi et de logistique ne sont pas maîtrisés. Tenez vous-en à une amélioration du produit initial plutôt qu’à ajouter des nouveaux produits sans distinctions. Chaque produit supplémentaire = deux galères supplémentaires.

T-shirts, mugs, prints only add addition cost and shipping costs to your project and not value. Make sure upgrades are upgrades to the project and not additional products that you are creating. The caveat to this is if you already had the swag producted prior to the KS campaign and have it as inventory. Even then, it creates additional shipping costs.

Dans mon cas, j’ai opté pour le déblocage de nouveaux écussons, ce qui restait dans la veine de la campagne initiale mais diluait encore plus le choix des utilisateurs, risquant ainsi de faire drastiquement monter les coûts de production (c’est d’ailleurs un peu ce qu’il s’est passé).

Il faut savoir qu’un contributeur peut modifier sa contribution jusqu’à la clôture de la campagne. Tant que la campagne n’est pas finie, impossible aussi de savoir qui va choisir quoi, et à part le niveau de récompense, vous êtes dans le noir le plus complet, impossible de savoir si un modèle est détesté et un autre adoré, ni la répartition globale.

Les frais de port

La question s’est vite posée d’inclure les frais de port ou non (au moins pour la France métropolitaine) dans le montant de la récompense. En tant que client je suis très sensible aux « frais de ports offerts » (même s’ils sont forcément répercutés dans le prix du produit) donc j’ai commencé à faire comme ça.

Il s’est finalement trouvé que vu le nombre de variantes possibles et de pays disponibles, ça compliquait beaucoup les choses donc j’ai dû opter pour un tarif postal séparé, en plus du prix de la récompense.

Les frais de port, même séparés, sont intégrés dans le total et donc comptent pour atteindre l’objectif. Il n’y a pas de souci à se faire sur ce point, si ce n’est que bien sûr il faudra les déduire du total disponible de votre coté et les utiliser pour les envois.

Une fois tous ces calculs et ces tâtonnement financiers effectués (il faut savoir qu’une fois qu’une récompense a été sélectionnée elle ne peut plus être modifiée donc il ne faut pas se planter) je me suis lancé dans la préparation de la campagne côté Kickstarter.

Étape 2 : Préparer sa page projet sur Kickstarter

🚨 Contrairement à ce que laisse penser la partie visible de Kickstarter en tant que contributeur, il faut savoir que la partie créateur du site est TRÈS mal faite et que ça surprend pas mal.

En gros on a l’impression que Kickstarter s’est reposé sur ses acquis et ne fait aucun effort pour faciliter la vie des créateurs de projets, se contentant d’encaisser sa commission.

L’interface est lente et les outils d’édition ont 5 ans de retard, c’est une bonne galère pour ajouter des images ou mettre en forme du texte, c’est extrêmement sommaire pour un outil moderne.

Si l’inscription elle-même ne pose pas de problème, l’identité du créateur doit être ensuite validée automatiquement (ce qui ne fonctionne pas) puis par un humain, ce qui prend des jours et retarde d’autant votre projet, ajoutant du stress là où vous n’en avez pas besoin.

Ensuite votre projet doit lui aussi être validé, ce qui peut ajouter une semaine de délai à votre lancement.

Si vous avez des questions ou un problème, le support est inexistant et répond trop tard et à coté de la plaque avec des messages semi-automatiques ou pas du tout, que ce soit via le site, par mail ou sur Twitter.

L’outil lui même est poussif et peu ergonomique, rien n’est expliqué, on ne peut par exemple pas organiser les récompenses comme on le souhaite ni les éditer en volume, ce qui génère des inconsistances entre les descriptions. On ne peut pas non plus avoir des récompenses « brouillon » le temps de voir si tout est harmonisé.

La gestion des contributeurs en fin de campagne est elle aussi catastrophique, obligeant à passer par un outil tiers et payant, mais nous y reviendrons.

🤓 Ce qui m’a posé le plus de problèmes est la traduction des pages. Mon projet étant en anglais en en français, je voulais le proposer dans ces 2 langues. Figurez vous que c’est simplement impossible et non prévu par la plateforme.

Si vous souhaitez traduire votre campagne, vous devez vous débrouiller en alternant les différentes langues ou en faisant une page principale dans une langue + une page d’actualité (non éditable) dans une autre, ou alors faire une grosse image de la page traduite, ce qui est un hack bien sale qui rappelle les heures les plus sombres de MySpace. Pour les récompenses et leur description, il n’existe aucune solution.

Kickstarter se garde bien de prendre la parole sur le sujet et ne fait que diriger vers des articles de créateurs qui disent comment ils ont dû bidouiller le truc. Ce sujet n’a pas l’air de les préoccuper plus que ça.

Avec le recul, je me demande si je n’aurais pas dû faire du monolingue avec une page externe pour la traduction, mais pas sûr de l’efficacité.

Bref j’ai rempli ma page de campagne tant bien que mal, en soignant les titres et inter-titres en créant des images, en produisant des visuels et des schémas pour que tout soit le plus clair possible, et en lisant et relisant mon texte de campagne (qui lui est modifiable jusqu’à ce que la campagne se termine).

🚨 Important : pensez à activer l’url personnalisée de votre page, le plus court sera le mieux (ne faites pas comme moi, je n’avais pas compris qu’on pouvait mettre ce qu’on voulait et je l’ai générée automatiquement, mieux que les chiffres mais pas top).

Graphiquement, vous êtes assez limité, et vous ne pouvez par exemple pas mettre d’image en en-tête de page ou de lien vers une page externe de votre projet tant que celui-ci n’est pas terminé (malin).

Kickstarter insiste sur l’importance de mettre une vidéo pour le projet, et je pense qu’ils ont raison car ça personnifie la campagne, mais je n’avais pas les moyens pour faire un truc propre et professionnel rapidement, donc j’ai préféré m’en passer, sachant qu’une vidéo mal produite peut avoir l’effet inverse à celui recherché.

D’une manière générale, Kickstarter m’a donné l’impression d’être une vieille gloire se reposant sur ses acquis et encaissant l’argent des créateurs sans réellement les aider, tout en se déchargeant de toute responsabilité envers les contributeurs.

Étape 3 : communication, teasing, promotion, création et activation

Vous ne pouvez pas vous contenter de remplir votre page de campagne, d’appuyer sur «lancer» et d’attendre que l’argent rentre. Il existe une tonne de choses à faire ou ne pas faire pour que votre campagne se déroule le mieux possible.

Comme nous avons vu plus haut, il faut que vous soyez quasiment sûr de boucler la campagne avant même de l’avoir lancée, et que les premières heures sont décisives.

🤓 Kickstarter a dressé des statistiques précises sur les réussites des campagnes en rapport avec la répartition des financements, et les experts s’accordent sur le fait que si vous faites moins de 20% de votre objectif lors des premières 24 heures, vous aurez du mal à boucler votre campagne.

Il faut donc faire le maximum pour vous assurer au moins ce montant le premier jour.

Pour ça, il faut que le maximum de gens soient au courant de ce que vous allez faire et qu’ils soient mobilisés dès les premières heures : parlez de votre campagne autour de vous, à votre famille, à vos amis, au gens qui pourraient être intéressés.

Faites un mini-site sur un nom de domaine choisi pour regrouper toutes les informations pré-campagne, avec un compte à rebours et le détail du projet et une FAQ, sur lequel vous serez plus libre de vous exprimer, sans les contraintes de la page Kickstarter. Mettez ce mini site en signature de vos mails. Si vous ne savez pas faire de mini-site, prenez-en un tout fait, mais utilisez bien un nom de domaine personnalisé.

Plus vous préparez de textes et de visuels, plus vous en aurez de disponibles à la demande pour poster sur tel ou tel réseau social ou pour pitcher de manière efficace et consistante.

Je vous conseille d’adopter un hashtag distinctif, qui s’avèrera très pratique à la fin pour retrouver tous les tweets de votre campagne et qui permettra aux gens de poster les photos ou d’autres tweets.

Pour les traductions anglaises, j’ai fait un usage intensif de Deepl, un outil très bien fait pour trouver des tournures de phrases et des traductions justes, pourvu qu’on sache un peu parler anglais pour choisir la meilleure suggestion. Si vous pouvez faire relire vos textes pas un natif anglophone, c’est encore mieux.

Créez un formulaire pour permettre de s’abonner à une newsletter, surtout pas pour spammer les gens mais pour récupérer les emails des personnes qui sont intéressées et veulent être prévenues du lancement. Mettez le formulaire de cette newsletter sur votre site d’infos. Vous serez surpris de voir combien de gens veulent être alertés et tenus au courant de l’avancée de la campagne par mail. Des outils comme Mailchimp pourrons vous aider dans cette tâche.

Informez les gens les réseaux sociaux. Donnez des éléments et des informations sur ce que vous faites. «Never shut up about your project» comme j’ai pu le lire dans un article anglophone.

Ha ha, basically? Never shut up about your project. Tweet about it, post to Facebook, post to Tumblr, post to Instagram, tell everyone you know. Email your family, email your friends. Look for excuses to talk about your project online everywhere it might be appropriate. Invent milestones (“Wow everyone, we hit 50 backers today!”), invent short-term goals (“Let’s get to $500 today!”). No one will promote your work as enthusiastically and competently as you can.

Si vous n’aimez pas parler de votre projet, vous êtes mal partis. Je n’aime pas non plus avoir l’impression de spammer ou de rejouer le dîner de cons, mais vous seriez étonnés de voir que quand vous avez eu l’impression de ne parler que de votre projet depuis des mois, des gens légitimement intéressés vous disent : « Tu lances un truc ? Ça a l’ait génial, pourquoi tu n’en parle pas plus, j’étais pas au courant ! »

Jouez à fond sur votre « owned » et « earned » media (vos comptes sociaux, vos amis…), essayez de couvrir le plus de monde possible.

Ça n’est pas facile si on est un peu timide mais je vous assure que les gens seront contents d’apprendre que vous lancez un projet personnel, et seront heureux d’y contribuer et d’être tenus au courant.

Faites des prototypes ! Déjà ça vous permettra d’anticiper d’éventuels problèmes, mais en plus vous pourrez photographier le produit réel et le montrer aux gens, et le projet deviendra bien plus concret dans leur esprit et ils pourront juger de la qualité du produit réel.

Vous pourrez aussi en offrir en avant-première à des personnes qui seront heureuses d’en parler. Ne soyez pas avares en cadeaux promos, que ce soit le produit final ou des produits dérivés comme des stickers de publicité avec l’URL de votre projet.

Guettez les promos pour ne pas payer plein pot les produits que vous allez offrir car il ne s’agit pas de vous ruiner, et ciblez un minimum à qui vous faites des cadeaux (= plutôt à des gens intéressés qu’à des random dans la rue), et ça devrait apporter une petite notoriété à votre campagne.

Je me suis par exemple retrouvé à distribuer des stickers « échantillons » avec l’URL du site + un autocollant détachable taille réelle devant station F, et je sais que ça m’a fait gagner des contributeurs qui m’ont dit qu’ils avaient découvert le projet comme ça.

Tout ça coûte un peu d’argent (~400 € dans mon cas) mais ça peut largement valoir le coup. Comme dans toutes les entreprises, il est de toutes façons conseillé d’investir un minimum pour s’assurer le succès. Encouragez le bouche à oreille.

Ne partez pas non plus dans tous les sens et focalisez vos efforts sur les opérations qui fonctionnent.

Pour moi, cette partie a été assez aisée vu que la communication est mon métier et que j’ai travaillé dans une agence de social média. J’avais aussi déjà travaillé sur les visuels de la campagne Kickstarter de Dual Universe par le passé.

Si vous n’êtes pas à l’aise avec ça, faites-vous aider mais ne faites pas l’impasse. Cette partie n’est pas vraiment « scalable » (encore que des growth hackers pourraient dire le contraire) mais il faut forcément en passer par là.

Ce qui est important, c’est de préparer le terrain pour ne surtout pas lancer une campagne «à froid». Souvenez vous : les premières heures de lancement sont décisives, il faut que les gens soient prêts à faire chauffer la CB à ce moment là, pas qu’ils découvrent tout juste votre projet.

Résumé de la préparation

Comme vous l’aurez compris, la clé du succès est une préparation minutieuse en amont.

De l’extérieur, on peut penser qu’une campagne à succès est un coup de chance mais c’est en réalité directement corrélé au travail que vous avez effectué avant en coulisses.

🤓 Ne vous lancez donc pas à l’arrache en pensant que le crowdfunding est magique qu’il suffit de demander de l’argent pour qu’on vous en donne, ça n’arrivera pas.

Plusieurs semaines avant le lancement, vous devez avoir un produit assez finalisé pour passer en production dès que l’argent sera récolté, un mini site opérationnel avec toutes les infos utiles dessus, une base de prospects intéressés par votre projet, une page Kickstarter prête à être lancée et si possible quelques prototypes et du matériel de promotion.

Je ne vous cache pas que ça n’est pas de tout repos, surtout quand vous devez combiner ça avec un travail à temps plein et un enfant en bas âge. Personnellement j’essayais d’avancer un peu tout les soirs à mon rythme, une fois ma fille baignée, nourrie et endormie.

Travaillez à votre campagne quand vous pouvez, mais surtout travaillez dessus !

Pendant la campagne : A Successful Failure

Après une période de stress où mon identité n’était pas validée par Kickstarter puis une nouvelle période de stress où le projet lui-même n’était pas validé (KS se réserve le droit de jeter votre projet sans justification) le bouton [Lancer la campagne maintenant] était enfin disponible.

Pilotage et suivi des chiffres

Kickstarter fournit un tableau de bord pour suivre votre campagne, et vous pouvez ajouter un tracker Google Analytics à votre page. Il y a un fil des contributions en temps réel et un graph sommaire qui récapitule les engagements, ainsi qu’une liste des référents selon le montant de la contribution.

Vous pouvez également créer des liens « affiliés » que vous pourrez suivre (utiles pour les partages de blogs ou pour suivre le résultat d’un tweet par exemple).

Je vous conseille d’ajouter votre projet sur Kicktraq dès que vous avez son URL publique afin de bénéficier de statistiques un peu plus fines jour par jour et de projections (fantaisistes).

Vous pouvez aussi configurer votre projet pour que des notifications par mail vous soient envoyées à chaque nouveau contributeur ou sous forme de récapitulatif hebdomadaire.

Go / No go

Nous étions le 1er mai, donc j’ai quand même tout revérifié dans les moindre détails et rongé mon frein jusqu’au lendemain pour ne pas me gâcher les premières heures décisives sur un jour férié. Ça m’a donné l’occasion de relire ces intéressants conseils pré-lancement.

Je ne vous cache pas qu’après toute cette préparation, j’étais un rien fébrile.

  • À 8h50, j’appuyais sur le fameux bouton.
  • À 8h55, le premier contributeur, prévenu à l’avance, participait à la campagne
  • À 9h00, j’allais prévenir les copains que le projet était lancé, annoncer le lancement sur Twitter et envoyer un mail à toute les inscrits à la newsletter.
  • À 9h01, les yeux rivés sur le tableau de bord de Kickstarter, je regardais les contributions s’ajouter, se modifier à la hausse ou à la baisse et se supprimer en temps réel. La campagne avait l’air de prendre et la préparation portait ses fruits.
  • À 11h30, soit 2 heures et demi après le lancement, l’objectif était atteint et la campagne financée.

J’étais bien sûr très content, mais ça n’était toujours que le début du projet.

🚨 Attention, les financements aussi rapides ne sont pas la règle mais une exception. Le tout c’est que vous atteigniez au moins 20% de votre objectif dans les 24 ou 48h du début, et tout devrait bien se passer.

Vous avez atteint l’objectif, now what ?

Obtenir l’argent est la 1re étape (enfin la 2e si on compte la préparation) et ça vous offre juste une place à la table pour réaliser votre projet. Ça n’est absolument pas le but final de la campagne, mais son commencement.

Une campagne dure 60 jours maximum. C’est le créateur qui choisit la durée et j’ai choisi 30 jours pour être sûr de toucher le maximum de personnes. En fin de compte une campagne deux fois moins longue aurait apporté le même résultats tout en accélérant le processus.

🤓 Les backers se concentrent en début et fin de campagne, peu de gens contribuent au milieu. C’est ce qu’on appelle le « Project Plateau ».

Durant ces 30 jours, il faut alimenter tous les réseaux, assurer le suivi, répondre aux commentaires et aux questions, expliquer les choses pas claires comme les addons et écrire des actualités. Vous trouverez plein de bons conseils ici si vous ne savez pas comment vous occuper.

Sachez que quel que soit le soin et la précision apporté à la rédaction de votre page de campagne et votre FAQ, les gens ne l’auront pas lue et vous poseront des questions évidentes en commentaires ou messages privés. Dites vous que c’est la vie et répondez rapidement, poliment et professionnellement.

🤓 Les commentaires font partie intégrante de l’expérience client, et vous devez répondre comme vous aimeriez qu’on vous réponde, de manière claire et personnalisée, en commençant par un remerciement si la personne a contribué.

Le contributeur doit être assuré que tout va bien se passer et que vous aller régler son problème ou répondre à sa question. Saviez-vous qu’un client à qui on règle son problème efficacement a une meilleure opinion de vous qu’un client qui n’a rencontré aucun problème ?

Votre page vous servira de support si la réponse se trouve déjà dessus, et le principal est de rassurer le contributeur. La confiance est votre atout le plus précieux, le contributeur fait une sorte de pari sur vous et votre projet, à vous de lui montrer que vous assurez grave et qu’il ne donne pas son pognon à un rigolo.

🚨 Votre page actualité doit être impérativement tenue à jour.

Encore une fois, les gens vous font confiance en vous avançant de l’argent, vous avez donc des comptes à leur rendre. Le silence sur la page actu est toujours perçu comme une perte de contrôle ou un échec du projet.

Les gens sont friands d’informations et curieux sur l’avancée de la campagne, il faut les tenir informés des moindres détails : est-ce que vous avez ajouté des récompenses, atteint un objectif, contacté un fournisseur, reçu un prototype etc.

Vous aurez aussi forcément du retard dans la livraison des récompenses, pour tout un tas de raisons valables, donc tenez au courant vos contributeurs.

🤓 Soyez le plus transparent possible, y compris et surtout lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu. Faire le mort ne sert à rien.

Par exemple, pris de court par la réussite de la campagne, j’ai dû modifier les stretch goals pour ne pas être bloqué et qu’ils mettent en danger la réalisation du projet, j’ai donc exposé les choses en toute transparence et les contributeurs ont apprécié. Ça montre que vous savez faire face aux aléas et que vous ne masquerez pas la vérité, et donc que vous êtes dignes de confiance.

Trouver sa niche🐕

Si vous ne savez pas quoi faire pendant ce “plateau” vous pouvez aussi affiner vos cibles secondaires et essayer de trouver votre niche. Normalement vous savez qui sont les clients de votre campagne, mais il y a des fois des viviers insoupçonnés.

Par exemple, un créateur parlait de trouver son “German dice collector”. Il avait créé un jeu de société et comme tout le monde, traversait le plateau des contribution, quand il détecta soudain une grosse activité sur sa campagne. C’était un forum allemand de collectionneurs de dés qui avaient flashé sur les jolis dés contenus dans son jeu, et avaient commandé en masse pour enrichir leur collection.

Je n’ai pas vraiment trouvé de niche à proprement parler, mais grâce à Renaud j’ai pu toucher plus efficacement les sysadmins qui ont adoré les patches, et surtout celui de leur métier (un de mes préférés aussi), relançant ainsi un peu les ventes.

Ça vaut le coup d’écouter les retours que l’on vous fait et de trouver un créneau encore inexploré et plein de potentiel.

La règle des 3 choses par jour

Essayez de faire 3 choses par jour pour votre campagne pendant toute sa durée. Que ce soit un tweet, un email, contacter un blog, modifier vos textes, ajuster vos récompenses, relancer des blogs, créer un visuel, faire un post sur Reddit, chercher des gens intéressés… Ça prend du temps, surtout avec une vie de famille, mais il vaut mieux le faire par petites touches que de ne pas du tout entretenir sa campagne.

Vous devrez aussi finaliser votre choix de fournisseur et demander les derniers devis.

J’aime quand un plan se déroule sans accrocs (ou pas)

Les trucs qui ont un peu foiré

Selon mes projections, après les premiers particuliers curieux, les agences auraient dû prendre le pas et commander des packs à gogo pour leurs salariés.

Mais les heures passaient, et aucun pack n’était commandé. Raté.

Je comptais aussi sur un petit relai sur les blogs et sites d’actu du secteur, mais rien, sauf un entrefilet tardif sur numerama (merci !) et quelques posts Reddit. Dommage car il est clair que les gens qui ont découvert le projet ont été intéressés et ont souvent contribué, donc mécaniquement une reprise plus large aurait été bonne pour les affaires.

J’ai aussi complètement raté le public étranger : même si j’ai fait quelques ventes en Europe et aux USA, j’aurais espéré plus d’exposition hors de France, étant donné la traduction intégrale du projet et des frais de port peu chers par rapport à ce qui se pratique d’habitude. Une bonne exposition aux USA aurait pu faire exploser les objectifs. Tant pis (bien qu’il ne soit pas trop tard, faites tourner à vos amis américains)

Un autre élément en demi teinte a été l’explosion des stretch goals : d’un coté c’était cool car ça voulait dire que la campagne fonctionnait, mais d’un autre ça voulait dire plus de patches offerts gratuitement aux early birds (par paquets de 100 !) et beaucoup plus de dilution dans le choix des modèles, annulant un peu le bénéfice du nombre pour la commande en volume. Mais je classe ça dans la rubrique « problème de riches ».

Dans la même veine, les sponsors ont été une aubaine, mais ont contribué à la dilution des commandes et au rognage de la marge à cause des cadeaux aux early birds et au double déblocage des écusson (le leur + le stretch goal qui allait souvent avec).

Le staff de Kickstarter n’a pas non plus mis mon projet en avant, je ne m’y attendais pas particulièrement, mais ça aurait aidé en lui donnant encore un peu d’exposition et de « découvrabilité ». D’ailleurs j’ai appris que des gens lançaient leur campagne sans aucun relai, en espérant que les gens qui se baladent sur le site tombent sur leur projet et le finance.

Ne faites pas ça, ça n’arrive jamais, le trafic en provenance d’autres pages internes de Kickstarter et de leur moteur de recherche est anecdotique.

Les trucs qui ont mieux marché que prévu

C’est Vincent qui a eu la bonne idée de proposer l’idée du sponsoring avec Opquast pour le lancement de la campagne, et vu que ça a marché j’ai rajouté après coup 2 nouvelles récompenses : le pack sponsor à 1500 € pour que je créé un écusson sur commande (après validation) et le pack cheatcode pour débloquer des écussons en avant-première.

Le pack de cheatcode n’a pas trouvé preneur, mais j’ai eu 3 sponsors pour le premier pack (Alwaysdata, DFM Europe et Dareboost), donc 3 nouveaux écussons cools !

Les stretch goals ont bien fonctionné aussi, permettant de créer en vrai toute la gamme que j’avais dessinée, la première vague du programme spatial au grand complet, donc j’étais content.

J’ai eu d’excellents retours de tous les contributeurs, tant sur la gestion de la campagne que sur le produit final (mais nous y reviendrons).

Gérer la fin de campagne

Comme nous l’avons vu plus haut, le gros des contributions a lieu le premier jour de la campagne, puis il y a une traversée du désert avec quelques contributions éparses, puis de nouveau un rush en fin de campagne.

Si vous avez vite atteint votre objectif, les gens ne vont pas se presser étant donné qu’ils savent que le projet est de toutes façons financé, ils n’ont donc aucun intérêt à participer rapidement et viennent souvent s’ajouter en fin de projet pour s’assurer de recevoir une contrepartie.

Il faut donc se tenir prêt à rassembler de nouveau les troupes pendant les derniers jours de campagne en rappelant qu’une fois le projet clos il ne sera pas forcément possible de commander, et de mettre en avant les éventuels stretch goals à atteindre.

Vous pouvez organiser des petits jeux sur les réseaux sociaux pour inciter à partager, publier des actus (les actualités ne sont pas fermées à la fin de la campagne) relancer les blogs, bref redoubler d’efforts pour clôturer en beauté.

🚨 Important : Une fois la campagne terminée, vous ne pourrez plus retoucher au contenu votre page Kickstarter (à part pour changer la cover et le bouton d’action), pensez donc à l’éditer une dernière fois et à corriger les fautes, mettre les remerciements, les dernières infos et le site sur lequel va continuer le projet en gros en tout début de page.

Résumé de la campagne

J’ai eu la chance de ne pas vivre la peur de pas atteindre mon objectif, la question ayant été très vite évacuée. Je n’ai pas laissé le projet en pilote automatique pour autant et ça a été un travail quotidien de l’animer, de répondre aux commentaires et aux messages privés, suivre les chiffres et écrire des actualités. Ne négligez aucun de ces aspects.

Pendant la campagne vous allez aussi être démarché par une palanquée de marketers, de services super géniaux et de « partenaires », ignorez-les, ils arrivent seulement une fois que vous avez eu du succès et ne vous apportent rien.

🤓 Veillez à remettre un petit coup d’accélérateur en fin de campagne et de préparer au mieux la phase suivante.

Après la campagne : le projet commence vraiment

Maintenant que vous avez réussi votre campagne suite à une préparation minutieuse, le vrai travail commence. Car oui, tout ce que vous avez fait jusqu’à maintenant a uniquement servi à ce que vous ayez l’argent afin de commencer votre projet.

🚨 Important : éditez votre page Kickstarter pour ajouter une jolie « cover » et un bouton qui mène vers un site sur lequel vous avez le contrôle (idéalement le site que vous avez fait en début de campagne, que vous pourrez convertir en e-commerce ensuite).

La fin d’une campagne est assez enivrante car tout le monde vous félicite car vous avez « réussi », pourtant ça n’est pas le moment de flancher ou de se laisser aller car tout reste à faire.

Trop de financement participatifs bouclent leur objectif en fanfare, avant de voir leur projet finir en eau de boudin et de décevoir leurs contributeurs.

Je vous rappelle que le projet n’est terminé que quand le dernier des contributeurs a reçu sa récompense.

Étant très conscient de tout ça, je n’ai pas trainé à me mettre au travail, grandement aidé par mes nombreux calculs et préparations en amont.

🤓 Si ça n’est pas déjà fait, mettez ce temps à profit pour produire les livrables définitifs qui seront nécessaires à la production des récompenses. Prévenez vos contributeurs que vous allez exporter leurs adresses pour la livraison donc que c’est la dernière chance pour les mettre à jour.

Aboule l’argent

Il faut savoir que Kickstarter va mettre environ un mois à vous virer les fonds, allégés de sa commission et de celle du processeur de paiement (qui ne sont pas anecdotiques, cf. en début de billet).

Il y a aussi de grandes chances pour que des cartes bleues de contributeurs aient expirées entre le début et la fin de la campagne et qu’ils n’aient pas pensé à les remettre à jour (les sommes promises ne sont débitées qu’en fin de campagne), Kickstarter va leur envoyer des rappels mais il y aura forcément une perte d’argent entre la somme affichée et la somme réellement récupérée, à cause des gens qui ne mettront pas leurs moyens de paiement à jour à temps. Ça ne remet pas en cause le financement du projet, mais ça vous fait des sous en moins.

Au bout d’un peu plus d’un mois, la somme apparaît enfin sur votre compte, vous allez donc pouvoir payer vos fournisseurs. Et pour savoir exactement quoi commander à vos fournisseurs, il va falloir le demander.

D : la réponse D.

Et c’est là que les choses se corsent, car en fait SURPRISE Kickstarter n’a absolument RIEN prévu pour gérer correctement les récompenses des contributeurs.

Alors bien sûr vous savez qui a financé quel niveau de récompense, et vous pouvez exporter une liste, mais dans le cas où les contributeurs doivent choisir des options (comme pour ma campagne), c’est la merde.

On peut envoyer des formulaires de questions à chaque catégorie de contributeurs, mais ce sont simplement des cases à cocher style radio button, ce qui permet au mieux de sélectionner une taille de tshirt, mais pas de gérer des packs complexes contenant plusieurs produits différents, et plusieurs variations de ces produits (5 fois 14 choix pour les gens ayant choisi 5 patches par exemple).

🚨 Les messages ne peuvent même pas contenir d’images, et ils ne sont pas duplicables, ce qui oblige à les refaire de zéro pour chaque catégorie de contributeurs, soit une vingtaine de fois dans mon cas !

Bien sûr les réponses à ces questions n’étaient pas exploitables facilement, elles devaient être traitées individuellement, et pour couronner le tout, on ne peut envoyer qu’un seul questionnaire par niveau de récompense, ce qui ne donne pas droit à l’erreur. Je ne vous parle même pas de la gestion des addons rendue impossible par ce système.

Bref un système bien pourri, très limité et complètement inadapté à ma campagne, encore une fois Kickstarter ne se montre pas d’une grande aide pour les créateurs.

Les solutions tierces

S’engouffrant dans le créneau, il existe des solutions tierces qui vous proposent de gérer tout l’aspect post-campagne, en allant jusqu’à la réception, l’emballage et la ré-expédition à vos contributeurs des produits si nécessaire. On les appelle les pledge managers.

Ils proposent en général un mode boutique pour les retardataires qui peuvent commander après la fin de la campagne ou ajouter des items à leur commande.

Bien entendu ils ne font pas ça gratuitement, et il faut payer une somme fixe + une somme par contributeur (fixe ET variable) pour qu’ils soient pris en charge, puis d’éventuelles autres options selon les services choisis, sommes auxquelles il faut ajouter aussi la commission du prestataire de paiement (souvent Stripe). Il faut savoir que le tarif est négociable, donc ne vous gênez pas (vous pouvez facilement faire sauter les «frais de mise en place»)

Il en existe plusieurs, qui peuvent vous contacter pendant votre campagne pour prendre les devants. J’en ai étudié 2.

Backerkit

Sûrement la plus connue, ils vous envoient vite une invitation pour que vous regardiez comment est fait leur outil. C’est pas mal et ils peuvent tout prendre en charge jusqu’à la livraison (surtout aux USA) mais il leur manquait l’option principale dont j’avais besoin : la sélection de 20 modèles d’écussons différents dans une seule commande. Au niveau de la gestion il leur fallait aussi les droits sur l’intégralité de la campagne Kickstarter ce qui ne me plaisait pas trop.

CrowdOx

Moins connus et moins gros, ce sont les seuls qui proposaient l’option tant désirée, à savoir définir des packs de X produits, et que les contributeurs choisissent le modèle pour chaque produits.

L’interface était très claire, tant au niveau contributeurs que administration, et il était aisé de gérer les commandes individuellement ou en les exportant dans des formats variés et exploitables. Le service client est réactif si vous avez des questions.

J’ai donné l’autorisation à leur app d’exporter les contributeurs de la campagne et la liste des récompenses, et j’ai retrouvé tout ça dans mon interface. J’ai ensuite ajouté des produits disponibles en extra et chaque participant a reçu un mail qui lui indiquait qu’il avait un crédit équivalent à sa contribution et qu’il ne lui restait plus qu’à sélectionner ses écussons, autocollants et éventuels addons, voire compléter sa commande si besoin.

Le prix était non négligeable (de l’ordre de 400€ d’un coup, lié aux nombre de contributeurs importés + les frais sur chaque euro dépensé via leur boutique, en extra ou en nouvelle commande) et je ne les avais pas anticipés, mais vu le confort apporté par la solution j’ai décidé de faire cette dépense.

Je n’ai pas regretté d’avoir pris cette décision, et ça m’a permis de réaliser quelques ventes supplémentaires qui ont amorti le coût de cette option. Toute la gestion de la campagne et l’envoi des commandes ont été aussi grandement simplifiés.

🤓 De nombreux contributeurs ont ajouté un petit extra à leur commande, un patch par ci ou un autocollant par là, sans compter les nouvelles commandes. C’est donc réellement une source de revenus additionnels à considérer, en plus de simplifier la vie de vos contributeurs.

Gérer l’attente des contributeurs

98% des projets Kickstarter ne sont pas livrés à la date prévue. Je n’ai échappé qu’à demi à cette règle en ne livrant pas à la date prévue dans le Kickstarter, mais en respectant la date indiquée dans le gestionnaire de campagne CrowdOx, ajustée aux nouveaux objectifs et aux nouveaux produits.

Les choses qui peuvent vous ralentir sont les suivantes :

  • Le délai d’un mois imposé par Kickstarter pour recevoir l’argent sur votre compte (j’avais oublié de le prendre en compte)
  • La mise en place d’un outil de gestion tiers
  • La lenteur de vos contributeurs à choisir leurs récompenses pour que vous puissiez passer votre commande aux fournisseurs
  • Des contretemps avec les fournisseurs (changements, lenteurs dues à un volume plus important que prévu…)

Comme pour le budget, veillez à évaluer ça de la manière la plus réaliste, en vous ajoutant des marges de sécurité. Les participants n’ont pas de problème à ce que la livraison soit un peu lointaine (c’est du financement participatif après tout) mais vont vite devenir nerveux si la date de livraison prévue est dépassée de longtemps, surtout si vous ne communiquez pas dessus et que vous faites le mort dans les actus.

🤓 Une fois de plus soyez transparent et tout se passera bien. Un retard peut être l’occasion d’expliquer le processus de fabrication ou de faire une actu pour dire ce qui vous bloque et ce qu’il va se passer ensuite.

Après la campagne : Les ventes additionnelles

On l’a vu, les outils tiers peuvent servir aux retardataires à commander, et vous pouvez laisser ouverte la boutique autant de temps que vous le désirez. La commission est un peu élevée, mais faute de mieux ça pourra vous apporter un flot de clients réguliers. C’est ce qui nous est arrivé avec des commandes peu nombreuses mais assez régulières, ajoutant 4000 € à ce que j’avais levé sur Kickstarter. Vous comprenez tout l’intérêt de calculer vos stocks un peu larges, mais attention, ces stocks doivent être déjà financés, ne comptez pas dessus pour être rentable.

🤓 N’oubliez pas d’éditer le haut de votre page kickstarter pour ajouter un bouton qui pointe vers cette boutique.

Comme je participe à pas mal d’évènements sur Paris et qu’on m’a souvent demandé s’il me restait des écussons (vous voyez, quel que soit le nombre de fois que vous en parlez il restera toujours des gens qui sont intéressés mais ne sont pas au courant), j’ai opté pour la commande d’un terminal de paiement iZettle qui me permet d’accepter les paiements par Carte Bancaire, Apple Pay, Google Pay etc.

L’app compagnon du lecteur est bien pratique pour tenir les stocks à jour et servir de caisse enregistreuse.

L’avantage de ces solutions est qu’il n’y a pas d’abonnement ni de frais fixes, vous payez uniquement une commission (un peu élevée en contrepartie de l’absence d’engagement) sur les achats de vos clients.

Pour l’anecdote, j’avais au début choisis SumUp mais leur lecteur de l’époque n’était pas accessible (touches complètement lisses) ce qui n’allait pas du tout pour présenter mes produits à Paris Web, la conférence de l’accessibilité ! J’ai donc renvoyé le lecteur en leur expliquant pourquoi et changé de prestataire, et ils vont changer leur lecteur.

On ne déconne pas avec l’accessibilité.

Le statut juridique et les cotisations

Toutes ces ventes c’est bien beau, mais nous n’avons pas parlé du statut juridique.

En effet, qui dit vente dit payer des cotisations sociales sur ce qu’on gagne. Si ma campagne avait foiré ou rapporté quelques centaines d’euros, je pense que j’aurais gardé ça ni vu ni connu en revenus bonus exceptionnels (ne faites pas ça chez vous les enfants) ou que je les aurais intégrés à mon activité principale (pratique acceptée par les impôts mais posant problème à la MDA car sortant de son champ d’application, c’est jamais simple).

Vu le succès de la campagne, j’ai dû régler des problèmes de riches et appliquer les conseils que je prêche à longueur de prises de parole : faire les choses proprement.

Comme la campagne avait rapporté un CA non négligeable, que j’avais décidé de potentiellement faire des ventes physiques, du e-commerce et réitérer ce genre de projets, je me suis créé une activité d’auto entrepreneur (BIC) à la chambre de commerce de Paris.

Avec l’ACRE automatique depuis 2019 (ex ACCRE qui était soumise à conditions), les cotisations étaient allégées les 3 premières années, ce qui était parfait pour mon cas.

Je n’avais pas vraiment anticipé ça avant de me lancer (je l’avais envisagé mais pas ajouté au prix des produits, n’ayant aucune idée du succès de la campagne) ça a donc rajouté des coûts, mais la contribution à la protection sociale française est à ce prix.

🚨 Notez que sans l’ACRE l’addition aurait été 4 fois plus salée, donc prenez quand même ça en compte dans vos calculs.

Le total du chiffre d’affaires fait que je tiens largement sous le plafond de la micro entreprise exonérée de TVA, donc c’est cool, ça n’aurait pas été la même histoire avec 20% de TVA à reverser et une structure complexe à monter.

Si vous souhaitez conquérir le monde, réfléchissez bien à cet aspect, c’est important.

Après la campagne : La création des produits

Maintenant que vous avez l’argent et que vous savez enfin ce que veulent vos contributeurs, vous allez pourvoir commander les contreparties auprès de vos fournisseurs et prestataires. Et envoyer tout ça à vos contributeurs.

Les produits

Bien sûr, tout ça varie grandement selon votre produit, mais normalement vous connaissez déjà les prix et tout est prêt de votre côté. Si vous attendiez la fin de la campagne pour vous y mettre, c’est le moment de créer les livrables qui seront envoyés à la fabrication et de choisir les derniers éléments nécessaires à la fabrication. Relisez et faites relire, et re-vérifiez bien tout, et c’est parti !

Pour mon projet, j’ai fait quelques allers-retours avec le prestataire pour m’assurer que la couleur des écussons et leur qualité correspondent bien à ce que je souhaitais, ce qui a ralenti un peu la production, mais je ne voulais faire aucun compromis sur ce point, et tous les contributeurs ont été satisfaits, j’ai toujours des félicitations sur la qualité du produit !

Les emballages

De ce que j’ai pu lire c’est vraiment le talon d’Achille de bien des campagnes de financement participatif. Tout le monde pense au produit mais pas à son emballage, qui sera pourtant le gage d’une bonne réception et de moins de service client.

🚨 Un colis perdu ou abîmé est une perte sèche pour vous étant donné que vous devrez le renvoyer à vos frais.

Bien des créateurs négligent de compter correctement le prix d’un bon emballage dans leur calculs, or un bon emballage peut coûter 2 ou 3 € pièce, ce qui va vite plomber votre budget de quelques milliers d’euros. N’oubliez pas qu’un colis pèse aussi quelques grammes, ça compte dans l’affranchissement, j’espère que vous l’aviez calculé.

Pour mon projet, j’avais commandé des échantillons d’enveloppes pour trouver le meilleur rapport coolitude/poids/solidité/prix et finalement j’ai opté pour des enveloppes bulles solides et économiques en 2 tailles, délaissant les jolies enveloppes brillantes en me disant que les gens jetaient les enveloppes et que ça risquait d’attirer l’attention de gens mal intentionnés et augmenter les pertes.

Les à-cotés

Vous avez un produit et un emballage, mais vous voudrez peut-être dire merci à vos contributeurs, mettre en valeur votre marque ou fournir des explications supplémentaires et indiquer que vous avez un site ou une boutique en ligne pour prolonger la campagne.

Il vous faudra donc un support de plus pour ne pas juste livrer votre produit brut dans une enveloppe, et ça aussi ça a un coût.

J’avais oublié de compter ça dans mon calcul, et j’ai dû renoncer à mes super idées de carte d’accès en PVC transparent et numéro unique (ça aurait eu une sacrée gueule). À la place j’ai opté pour un simple flyer que j’ai agrémenté de tampons et d’embossage grâce à une pince à sec.

Il fut pénible de tamponner et embosser à la main 550 flyers mais c’était le plus économique. Ça m’a permis aussi de préparer une petite surprise de mon cru avec un tampon UV invisible contenant un message secret.

Le fait d’avoir pris des enveloppes moins chères m’a finalement permis d’amortir ce coût, et les contributeurs ont été très contents.

L’affranchissement

Dès le début je savais que pour éviter au maximum les galères il fallait que je me tienne au format lettre, qui est livré rapidement et efficacement par La Poste, rentre dans les boites aux lettres, est relativement économique même pour des envois à l’étranger et permet d’envoyer des petits objets jusqu’à 3 cm d’épaisseur, parfait pour mon projet, même pour les commandes les plus volumineuses.

Les tarifs

Les tarifs postaux changent tous les ans, et il est difficile de s’y retrouver. Au moment où j’ai fait les envois, La Poste avait déjà supprimé sa tranche de tarifs 50 grammes, obligeant à doubler l’affranchissement des lettres pesant plus de 20 grammes comme si elles faisaient 100 grammes. Par contre le tarif Europe existait encore.

Ça m’a joué un tour sur les packs de stickers, qui une fois l’enveloppe et le flyer ajoutés pesaient 23 grammes là ou j’avais estimé 20. Vu la faible différence j’aurais pu tenter le coup mais comme il s’agissait d’un grand nombre d’envois je ne voulais pas qu’ils me reviennent tous d’un coup ou que le contributeur doive payer la différence d’affranchissement.

Le coût d’envoi a donc doublé pour ce palier de récompenses, mais heureusement je m’étais laissé un peu de marge.

Pour commander les timbres, je suis passé par le site de la poste en commandant puis imprimant moi même les timbres sur des planches d’étiquettes autocollantes Avery. En plus on peu choisir le dessin (on a pris une fusée). Astuce : choisissez un dessin différent par tarif pour vous y retrouver.

Vous pouvez lire ces précieux témoignages en anglais sur l’envoi des récompenses Kickstarter.

Le suivi

Au delà des problématiques de destination et de poids s’est posée la question du suivi des envois. Vous pouvez opter pour une lettre suivie, qui marche en France et dans certains pays (le suivi jusqu’à la frontière française ne sert à rien), pour savoir si la lettre est arrivée ou pas mais sans garantie particulière (ça n’est pas une assurance).

J’avais budgetté un tarif suivi pour l’étranger, mais finalement nous ne l’avons pas appliqué systématiquement, prenant le risque que ça se perde mais que nous nous rattrapions sur la marge du prix des envois.

Nous faisions du suivi au coup par coup, pour les commandes les plus coûteuses en France et à l’étranger et en fonction de l’accessibilité de l’adresse (ex au sein d’une entreprise avec accueil ou au fond de la campagne avec juste une indication de lieu-dit et pas de nom de rue). Ça s’est avéré être un bon calcul.

L’adressage

🚨 Vous avez déjà rappelé 12 fois à vos contributeurs de mettre à jour leur adresse, mais battez une dernière fois le rappel car cette fois-ci c’est bon, les adresses vont être figées, exportées et imprimées. Ne vous inquiétez pas, il restera toujours une dizaine de boulets qui vous laisseront quand même une mauvaise adresse et vous obligeront à renvoyer leur récompense.

Dans d’autres pays comme les États-Unis, les services postaux disposent de services d’adressages intéressants, où vous pouvez télécharger un logiciel, entrer vos données en CSV, et imprimer l’adresse ET l’affranchissement sur une même étiquette autocollante standard.

Ce service n’existe pas en France (sauf pour les transporteurs de colis), j’ai donc dû me débrouiller avec les bonnes vieilles planches d’étiquettes Avery complétées avec un fichier CSV d’une part, et des timbres imprimés séparément d’autre part.

🤓 J’avais fait en sorte que le format des étiquettes et des timbres soit le même que celui des étiquettes d’adresse du destinataire et que celles de l’expéditeur pour ne gérer qu’un type de planche et que timbres et étiquettes soient inter-opérables.

Petit truc pénible à noter : les formats d’adresses sont différents dans chaque pays, et c’était un cauchemar à reformater et vérifier. Si en Europe c’est à peu près harmonisé (mais pas forcément), les américains par exemple ont un format assez bâtard. Mes contributeurs se trouvant au 4 coins du monde, ça n’a rien eu d’un problème trivial. Ce site avec plein d’exemples est devenu notre meilleur ami.

Ajoutez à ça que l’outil d’export avait enregistré les pays en anglais et qu’il les fallait en français pour l’envoi depuis la France (fun fact : La langue officielle de l’Union Postale Universelle est le Français, donc même dans les pays étrangers c’est une langue valable), et que les formats de chaque adresse pouvaient grandement différer, il a fallu jouer avec des tableaux de correspondance et de l’organisation de données dans le logiciel Avery pour avoir quelque chose d’exploitable.

Petite élégance, nous avons également mis un QRcode avec le numéro des commandes sur l’étiquette, pour pouvoir les scanner en cas de retour et retrouver directement la commande liée. Je crois que c’est un des seuls usages pertinents du QRcode 😁.

Préparation des commandes (picking / fulfillment) et envois (shipping) : mettez en place une stratégie

J’ai tout d’abord reçu les autocollants, que je me suis empressé de mettre dans des barquettes en plastique de notre excellent restaurant libanais que j’avais en rab. J’ai ensuite numéroté ces barquettes avec des post-it. Oui, c’est à la roots dans notre petit appart, on n’est pas Amazon.

🤓 Conseil : Sur cette étape, faites vous aider par des potes ou de la famille. Marie m’a beaucoup aidé sur cet aspect et c’était beaucoup plus simple.

Depuis CrowdOX, j’ai pu exporter la liste de tous les produits par commande, que j’ai ouverte dans Google Sheet pour enlever les colonnes inutiles à la préparation de la commande, ajouter des couleurs et organiser la feuille comme je le souhaitais pour que ce soit le plus intuitif et efficace possible (on ne se refait pas).

J’ai ensuite fait correspondre les SKU (identifiants uniques) des produits avec un numéro qui correspondait à celui de la barquette pour une lecture aisée et pour que nous n’ayons pas à réfléchir 3 heures quel patch correspondait à quel nom.

🚨 Toutes ces opérations ne sont pas possibles via Kickstarter, ce qui a confirmé encore plus notre choix de passer par un prestataire tiers pour la gestion des commandes. Une fois un export fait, il pouvait être verrouillé et apparaître comme tel dans le tableau de bord, ce qui nous permettait de suivre où nous en étions.

CrowdOx permettait aussi d’imprimer des fiches individuelles de picking avec une photo du produit, mais à raison d’une ou deux feuilles A4 par commande, ça n’était pas le plus pratique.

Ce qui a bien marché

On voyait juste le nom, on collait l’étiquette d’adresse, puis on lisait S01, S02, P05 et on tapait dans le bac correspondant pour mettre sous enveloppe.

J’ai aussi rétréci la typo du tableau pour qu’il ne soit pas coupé sur une feuille A4, tout en limitant le nombre de pages à imprimer (une centaine au total quand même, à prévoir aussi dans vos coûts !)

Pour plus de facilité, j’ai imprimé les adresses dans l’ordre des commandes sur le listing, ce qui nous empêchait de chercher 3h un nom dans des centaines d’étiquettes, même par ordre alphabétique ça aurait été compliqué.

Nous avons essayé de créer une sorte de chaîne où tout était optimisé. Cette préparation était cruciale car il ne fallait faire AUCUNE erreur dans la préparation des commandes (et nous avons réussi !)

Il vous faut vraiment être appliqué et minutieux sur ce point, et faire de nombreuses vérifications, une erreur de tableau ou un décalage de ligne pouvant foutre en l’air toute votre livraison (et vous ne voulez pas que ça arrive).

Les trucs que nous avons améliorés avec l’expérience

Notre première idée était de préparer les commandes par types de récompenses et de produits, par exemple préparer d’abord tous les packs de 12 stickers au choix. C’était une bonne idée pour s’y retrouver mais nous aurions dû aussi trier par lieu de livraison et par poids estimé.

Le fait d’avoir des timbres variés (France, Europe, Monde, 20g, 100g, ou une combinaison de tout ça) nous a fait perdre du temps. Devoir avoir un formatage différent d’adresse dans le même batch (cf. plus haut) ne nous a pas non plus simplifié la tâche pour l’impression des étiquettes.

🤓 Pour les séries suivantes, nous avons séparé la préparation par commande et par pays, comme ça tous les timbres à coller étaient identiques et les adresses issues de la même série d’impression d’étiquettes, ce qui nous a vraiment aidé. On a appris de nos erreurs.

Un mot sur les entreprises de fulfillment / préparation de commandes

Si vous ne vous sentez pas de faire tout ça, des sociétés peuvent s’en occuper à votre place, mais le service est assez cher et elles sont rares en France.

Ça implique également de perdre la main sur les envois, et de faire transiter la marchandise directement dans les entrepôts de ces entreprises, ce qui est loin d’être idéal si votre prestataire est en France (ce qui était notre cas) que l’entreprise est aux États-Unis et qu’elle doit ré-expédier les commandes à vos contributeurs en France.

Vous vous retrouverez à devoir payer des frais de douane ou de transporteur dans les 2 sens, et ces entreprises utilisent des envois par colis, dont le prix n’a rien à voir avec celui d’un courrier simple.

🚨 Si vous n’aviez pas budgetté le fait de passer par une telle société, oubliez car ça fera exploser vos coûts. Vous allez en chier à tout faire vous-même mais vous aviez qu’à mieux faire vos estimations ^^

Par contre si vos récompenses s’y prêtent (envoi domestique, fabrication dans le pays d’expédition, colis volumineux) ça peut s’avérer être une solution intéressante et vous devriez l’inclure dans votre budget pour vous laisser le choix plus tard.

Commandes prêtes !

Une fois une série de commande préparée, emballée, étiquetée, affranchie, nous la mettions dans un gros carton que nous amenions directement à la poste.

Tenez à jour votre listing pour savoir ce que vous avez envoyé et à quelle date. Passez le statut des commandes à « envoyées » dans l’outil que vous utilisez. Vous pouvez envoyer un mail automatique à chaque contributeur pour lui signaler l’envoi, ou cocher la case adéquate dans Kickstarter (nous n’avons utilisé aucune de ces options)

Nous avons utilisé ce processus pour préparer environ 750 commandes, à la fin nous étions bien rodés. Tous les contributeurs ont reçu leur commande sans encombre (sauf ceux qui n’avaient pas mis leur bonne adresse mais c’est une autre histoire 😣)

Le suivi des envois et le service après-vente

Ça y est, vous avez tout préparé et tout envoyé. Maintenant il se passe quoi ?

Le lendemain de l’expédition de toutes vos lettres„ vous allez déjà recevoir quelques enveloppes que la poste a envoyé directement à l’expéditeur au lieu de les envoyer au destinataire (oui 😅) donc vous devrez les ramener au bureau de poste pour qu’ils les envoient au bon endroit.

Les stocks

Si vous m’avez écouté, les stocks restants sont déjà payés car vous avez répercuté le prix des invendus dans vos calculs. À part la place occupée dans votre appart, ils ne plombent donc pas votre rentabilité et vous ne comptiez pas dessus pour ne pas boire le bouillon. Ils peuvent donc servir à faire des ventes additionnelles et à alimenter une boutique ou des ventes en direct.

D’ailleurs, tenez vos stocks à jour. Une fois que vous avez envoyé le gros des commandes, recomptez tout, notez-le dans un tableur, extrayez de vos outils toutes les ventes que vous avez fait et regardez si ça correspond. Vous aurez un état des lieux fiables à un instant T et un inventaire à jour pour les futures ventes.

Communiquez, toujours

N’oubliez pas de faire une actualité au fur et à mesure de vos vagues d’envois pour tenir les contributeurs informés et faire patienter ceux dont les commandes n’ont pas encore été expédiées, par exemple « tous les packs de stickers sont partis, pour les écussons un peu de patience ». Kickstarter permet d’envoyer des actus à certains segments de contributeurs selon les récompenses choisies.

Ensuite il ne va rien se passer pendant un moment, si ce n’est quelques messages qui vous demanderont si leur commande a été expédiée ou pas. Globalement, les gens oublient qu’ils ont commandé quelque chose alors ne sont pas trop stressés par les délais.

Vous commencerez aussi à recevoir des messages plus agréables de gens qui ont bien reçu votre commande, sont super contents et incitent les autres à commander (d’où l’utilité de pouvoir faire des ventes additionnelles, le bouche à oreille avec résultat concret un gros déclencheur de ventes). Remerciez-les, relayez leurs tweets et demandez-leur si vous pouvez utiliser leur photo pour faire la promo de votre campagne ou les utiliser dans votre boutique. S’ils acceptent (en général de bon cœur) sauvegardez dès maintenant les images pour ne pas les chercher partout plus tard. Vous pourrez alors compiler des jolies photos variées d’usage réel de vos produits !

NPAI PAI PAI PAI

Un peu plus tard, vous allez commencer à recevoir des retours de courrier NPAI (N’habite Pas à l’Adresse Indiquée) ou « Erreur d’adressage ». Ce sont les fameux boulets qui ont déménagé sans changer d’adresse malgré vos relances, ou les gens qui ont renseigné leur nom propre et l’adresse de leur entreprise. Il y a aussi ceux qui écrivent mal le nom de leur commune ou se trompent dans le code postal.

Encore plus tard, vous recevrez les premiers messages de gens qui n’ont pas du tout reçu leur commande.

Ci-dessous, un exemple de backer expérimenté qui vient demander dans les commentaires où ça en est et si quelqu’un a déjà reçu quelque chose (= oui) et… qui reçoit sa commande le lendemain :)

Content du service et rassuré par la réponse, il enchaîne sur le fait qu’il a 20 collègues impatients de commander eux aussi 👍

🤓 Comme abordé plus haut, la bonne attitude est de traiter les gens comme vous aimeriez qu’un SAV vous traite, pour donner une image premium.

  • Saluez et rassurez la personne en lui disant que dans tous les cas le colis sera renvoyé à vos frais sans embrouilles ni justificatifs (c’est pour ça qu’il faut prendre de la marge)
  • Faites lui re-confirmer son adresse pour vérifier que le problème ne vient pas de là
  • Demander lui d’attendre 2 semaines de plus pour être sûr que la lettre s’est perdue (surtout à l’international). Fixez une date pour qu’il vous re-contacte à ce moment là.
  • S’il ne vous a pas re-contacté, n’attendez pas contactez-le vous même à la date prévue pour demander si tout est OK.

Dans 50% des cas, lors du 2e contact le problème se sera réglé tout seul (courrier en retard, lettre arrivée au numéro d’à coté, collègue ou conjoint distrait). Pour le reste, il vous faudra renvoyer la commande, en espérant qu’il ne s’agissait pas d’une commande au montant trop élevé, ou que la première lettre égarée ne vous revienne un jour (on en reçoit encore !).

🤓 En cas de ré-expédition, nous avons favorisé le courrier suivi pour être sûr que ça arrive.

Quoiqu’il en soit, restez professionnel et au service du client : il faut qu’il ait une bonne opinion de vous si vous lancez une boutique plus tard ou si vous faites une nouvelle campagne.

Nous avons eu par exemple le cas d’un Chilien qui avait commandé 2 stickers, soit un affranchissement 4 à 5 fois plus cher que la marchandise, qui n’avait pas reçu son enveloppe. Dans ces cas là, grande est la tentation de dire « mec oublie tes 2 stickers je repaye pas 5€ de timbre pour ça », et pourtant nous lui avons renvoyé sa commande dans une enveloppe blanche plus discrète, avec des stickers en bonus.

3 semaines plus tard il ne l’avait toujours pas reçue, mais à la fin de la 4e semaine il l’a enfin eue et il était aux anges.

Nous avons eu aussi le cas d’une personne qui disait n’avoir pas reçu un des écussons de son pack complet, et bien qu’étant positivement sûr de ne pas m’être trompé et lui avoir demandé de revérifier, je lui ai renvoyé le patch manquant à mes frais en Belgique sans discuter.

Il se trouvait que le patch en question était en fait tombé dans un recoin de son sac à dos, et qu’il m’a prévenu au moment où je revenais de La Poste 🙃.

Rageant mais encore une fois c’est à ça que servent les marges de sécurité.

Ne négligez pas ce genre de détails et adaptez vos réponses à chaque client (par exemple là je suis mitigé sur la conduite à tenir par rapport à la personne qui s’est trompé DEUX FOIS sur sa propre adresse ^^).

Le bilan et les retombées autres que financières

Nous arrivons à la fin de ce billet qui j’espère vous a été utile, c’est donc l’heure de faire le bilan de ce bilan.

Tel Benjamin Buford “Bubba” Blue, je crois que je vous ai raconté à peu près tout ce que j’avais appris sur les campagnes de financement participatif.

Si ça ne vous suffit pas, je vous recommande chaudement d’aller lire les 3 choses que vous voudriez savoir avant de vous lancer car il y a des conseils indispensables sur cette page. Vous pouvez aussi aller lire ces petits guides en anglais.

Si ça vous a été utile, vous pouvez me remercier en achetant un pti kek’chose sur la boutique officielle du Cyberspace Building Crew, À vot’bon cœur msieur dames !

Le kif

Le projet et les écussons existent, ils plaisent à tout le monde, et ça c’est super cool. C’est un des gros kifs de créatif que de voir son produit édité et exister physiquement. Ce sont des écussons que j’ai dessinés sans contraintes, comme s’ils étaient pour moi, donc je suis fier de les arborer sur mes blousons. C’est aussi la preuve que l’auto-édition n’est pas seulement un rêve, et que c’est possible.

La street cred

J’ai toujours dit de ne pas travailler pour la gloire à la place de l’argent, mais si on peut avoir un petit peu de gloire en plus de l’argent c’est pas mal.

La réussite de cette campagne au delà de tous les objectifs prévus, suivie par sa gestion efficace de bout en bout, avec comme résultat des produits physiques cool et originaux et des contributeurs ravis a fait une belle addition entrepreunariale sur mon CV.

Évidemment on ne parle pas de campagnes à 3 millions ni même de la médiane à 100000 €, mais dépasser les 25000 € levés sans produit pré-existant et sans notoriété ébouriffante est déjà une performance honnête dans le milieu du crowdfunding.

En plus des compétences que j’avais déjà et qui m’ont bien été utiles (design, communication, marketing, réseaux sociaux, conception, rédaction) j’ai dû me former sur le tas à de la vente, de la gestion, de la projection financière, de la logistique, de la gestion de sponsors et tout plein d’autres choses.

J’ai beaucoup appris et ces compétences me seront utiles pour des projets que je révélerais dans quelques jours (oui, je vais encore vous vendre des autocollants).

But wait, there’s more!

À l’occasion de l’anniversaire de la campagne, j’ai lancé mon premier site e-commerce pour vendre les écussons sans passer par un intermédiaire. Son développement, très intéressant lui aussi fera l’objet d’un autre billet prochainement.

Sachez que vous pouvez sans plus attendre aller acheter les plus beaux écussons brodés et autocollants d’internet en profitant de 2% de remise sans minimum d’achat grâce au code promo ONFAITLBILANCALMEMENT pour vous remercier d’avoir lu le dossier dans son intégralité ou plus vraisemblablement d’avoir scrollé jusqu’ici sans rien lire comme des malpropres.

Je vous connais.